Mercredi 4 février 2026

Per l’eternità : Quand Jul s’essaie à la langue corse pour la première fois.

Image
jul
Pour la première fois de sa carrière, Jul s’essaie à la langue corse dans Per l’eternità, un morceau en duo avec le jeune chanteur Marcu Antone Fantoni. Entre rap marseillais ensoleillé et chants traditionnels corses, ce titre atypique explore racines, traditions et influences méditerranéennes.

Une première dans sa carrière 

« O fratellu femu luce a nostr'isula » fait partit des nombreuses phrases chantées dans le morceau Per l’etenità du rappeur Marseillais en collaboration avec le jeune chanteur Marcu Antone Fantoni. Cette phrase montre l’attachement du rappeur et sa volonté de voir l’île de beauté briller. Jul avait déjà montré son attachement à la Corse à travers des collaborations avec des artistes comme I Muvrini ou Francè Zito, ou en s’affichant fièrement avec le drapeau à tête de Maure lors de ses concerts. C’est toutefois la première fois qu’il chante quelques mesures entièrement en langue corse.

JUL, un figliolu di Corsica ? 

Bien que souvent contestée, l’origine corse de Julien Marie, dit JUL, serait bel et bien liée au sud de l’île, son père étant originaire de Carghjese. Dans tous les cas, le rappeur se revendique comme tel, à la fois Corse-du-Sud et sudiste marseillais, attaché à ses valeurs et à ses racines. « Marseille à vie, c'est gravé dans mon cœur, moi c'est Corse à la mort, ses coutumes, ses valeurs », extrait du même morceau de son dernier album TP sur TP, sorti le 5 décembre 2025.

Une collaboration atypique  

Si l’on a déjà pu apercevoir le rappeur collaborer avec des artistes corses, le morceau réalisé avec Marcu Antone Fantoni s’est fait de manière assez inédite.

 Sur sa page Instagram, l’icône marseillaise a partagé une reprise du morceau « U prete Andria », écrite par Jean Paul Poletti et interprétée par le jeune Marcu-Antone. À la suite de ce post, les deux artistes ont sûrement échangé, donnant naissance au morceau « per l’eternità ».

C’est dans ce contexte que se mêlent deux genres musicaux habituellement bien distincts. Jul est issu de la culture urbaine marseillaise, un rap qui se distingue par ses sonorités ensoleillées et ses instrumentales dansantes, rappelant l’été et le beau temps de la cité phocéenne.
De l’autre côté, Marcu Antone Fantoni reprend à sa manière des morceaux emblématiques corses. Il a d’ailleurs participé à une vidéo tournée par Ricordi Di petru-Pà afin de mettre en avant le chant et les artistes corses.

Un mélange de sonorités 

Quand le chant corse rencontre la culture urbaine, le résultat est surprenant. Le rappeur marseillais s’essaie ici à la langue corse dans son morceau, pour honorer ses origines : « Chi a prima scola era l’onore ».
 

Le morceau garde la rythmique habituelle de l’artiste, avec des sons dansants et une guitare en instrument principal, qui rappellent les influences méditerranéennes des deux artistes. Il parle d’identité, de culture et de l’âme de la Corse, mais aussi de la perte de valeurs comme l’honneur, le respect et la fraternité. C’est un morceau paradoxal qui veut rendre hommage aux traditions tout en gardant une touche urbaine moderne. 

Des retours plutôt mitigés

Si certains saluent la performance des deux artistes, d’autres ont plus de réserves. Beaucoup apprécient l’effort du rappeur de chanter en langue corse, tandis que d’autres critiquent sa prononciation et sa prise de risque.

Les défenseurs du morceau y voient une opportunité pour la musique corse de gagner en visibilité et de rayonner. Ils estiment également que c’est un très bon moyen de faire connaître la langue et la culture musicale de l’île. 

Les avis reflètent le caractère du morceau lui-même : un mélange entre tradition et modernité. D’un côté, les « puristes » de la chanson corse restent attachés aux codes classiques, de l’autre, certains y voient une perspective d’évolution pour la musique de l’île.

Une chose est sûre : le morceau ne fait pas l’unanimité. Jul chantera-t-il à nouveau en corse ou collaborera-t-il avec des artistes de l’île ? Seul l’avenir le dira. Pour l’instant, Per l’eternità reste le seul titre de sa carrière où il s’exprime en langue Corse. Bref, Marseille peut être bien ensoleillée, mais parfois, il faut pousser un peu plus au sud pour toucher pleinement le soleil… et pourquoi pas en Corse ?

Magère Lucas