Mercredi 20 mai 2026

Corse-du-Sud : le département placé en vigilance sécheresse malgré des barrages pleins

Image
préfecture de Haute-Corse
Le Préfet de Corse-du-Sud a annoncé ce mercredi 20 mai le passage immédiat du département en « vigilance sécheresse ». Une décision qui peut surprendre alors que les retenues d'eau affichent complet, mais qui répond à une explosion inquiétante de la consommation depuis le mois d'avril.

C'est le paradoxe de ce printemps 2026. D'un côté, les clignotants hydrologiques semblent au vert : grâce à une saison de recharge automnale et hivernale excédentaire (118 % des normales de saison) et à un manteau neigeux conséquent, les barrages du département affichaient un taux de remplissage optimal de 99 % au 11 mai dernier. De l'autre, la Préfecture tire déjà la sonnette d'alarme.

En cause ? Un mois d'avril particulièrement chaud et sec qui a commencé à mettre sous tension les cours d'eau et les nappes phréatiques, mais surtout, un comportement humain alarmant.

Une surconsommation qui menace l'été

Les autorités ont en effet constaté une hausse spectaculaire de la consommation d'eau potable dès le mois d'avril, pulvérisant les tristes records déjà établis en 2025. Cette tendance à la surconsommation ne faiblit pas en ce début de mois de mai.

Pour la Préfecture, le constat est sans appel : cette dynamique n'est "manifestement pas soutenable". Si les usagers ne freinent pas leurs prélèvements, le département risque de revivre le scénario de crise de l'an passé, qui avait durement frappé la région de l'Extrême Sud à l'automne et à l'hiver. Les prévisions météorologiques, qui annoncent un été sec et chaud, ne laissent d'ailleurs que peu de place à l'optimisme.

Appel au civisme avant d'éventuelles sanctions

Face à cette situation, le passage en « vigilance sécheresse » agit comme un premier avertissement. S'il n'impose pas encore de mesures de restriction coercitives, il s'accompagne d'un appel pressant à la responsabilité collective. Tous les usagers — particuliers, professionnels et collectivités — sont invités à adopter une consommation raisonnée.

Les autorités demandent de limiter en priorité les usages dits "d'agrément", à savoir :

  • L'arrosage des espaces verts (hors agriculture) ;
  • Le lavage des véhicules et des bateaux ;
  • Le remplissage des piscines privées.

Le message est clair : seul un ralentissement sensible de la consommation dans les jours à venir permettra d'éviter le passage à des mesures de restrictions obligatoires.

Le comité de suivi de la ressource en eau se réunira à nouveau le vendredi 5 juin pour faire un point sur la situation et décider, si nécessaire, de durcir le ton.