Mardi 14 avril 2026

Économie corse : 2025 en demi-teinte, entre ralentissement et résistances

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Insee
Malgré un contexte économique qui se dégrade progressivement, la Corse conserve certains équilibres, portée notamment par le tourisme et les transports. Mais les signaux de fragilité se multiplient.

L’économie insulaire marque le pas. Selon les dernières données publiées par Insee, l’année 2025 s’inscrit dans une dynamique de ralentissement, dans la continuité de la fin 2024. L’activité économique, mesurée en nombre d’heures rémunérées, recule légèrement sur l’île (-0,1 %), une baisse toutefois moins marquée qu’au niveau national (-0,4 %) .

Ce tassement se reflète sur le marché du travail. L’emploi salarié diminue de 0,4 % sur un an, pour atteindre 129 000 postes fin 2025, une contraction exclusivement liée au secteur privé . À l’inverse, l’emploi public permet de maintenir une certaine stabilité, notamment au dernier trimestre, en compensant les pertes enregistrées dans les services marchands .

Dans ce contexte, le taux de chômage repart à la hausse pour s’établir à 6,8 % fin 2025. Un niveau qui reste inférieur à la moyenne nationale (7,9 %), mais qui traduit une dégradation progressive du marché de l’emploi insulaire .

Autre indicateur préoccupant : la vitalité entrepreneuriale. Si les créations d’entreprises progressent timidement (+0,6 %), elles restent loin de la dynamique observée à l’échelle nationale. Dans le même temps, les défaillances bondissent de 13 % sur un an, touchant particulièrement le secteur des services .

Le secteur de la construction confirme également ce ralentissement. Les logements nouvellement commercialisés reculent de 4,5 % et les permis de construire diminuent de 3,6 %, à contre-courant de la tendance nationale .

Quelques motifs de satisfaction subsistent toutefois. Le tourisme, pilier de l’économie corse, reste dynamique avec 10,8 millions de nuitées enregistrées en 2025, en légère hausse (+1,1 %). Même constat du côté des transports, où le trafic maritime (+2,3 %) et aérien (+1,6 %) continue de progresser, confirmant l’attractivité de l’île .

Dans le détail, le secteur tertiaire apparaît contrasté : si l’hébergement-restauration et le transport résistent, le commerce et les autres services enregistrent des reculs sensibles, contribuant à une perte nette d’emplois dans ces activités .

À l’aube de 2026, les perspectives restent incertaines. Dans un contexte national déjà marqué par une croissance modérée, la Corse devra faire face à des défis structurels, entre fragilité du tissu économique et dépendance à certains secteurs clés. Une équation délicate pour une économie insulaire en quête de nouveaux relais de croissance.