Polémique à Bastia : la LDH et Terra Eretz Corsica Israël s'affrontent par communiqués interposés
C'est un week-end qui suscite une vive controverse avant même d'avoir commencé. L'association Terra Eretz Corsica Israël, dont la vocation première est de renforcer les liens d'amitié entre la Corse et Israël, a annoncé la tenue d'un événement sur trois jours au début du mois de mai à Bastia.
Au programme : une conférence programmée le 7 mai à 20 heures, animée par Raphaël Jerusalmy, ancien lieutenant-colonel du renseignement militaire israélien et consultant régulier pour divers médias (I24News, LCI, BFM). Cette rencontre a pour but de décrypter les grands enjeux géopolitiques de la guerre actuelle impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran. Dans la foulée, l'association organise un « shabbat plein » les 8 et 9 mai. Ce rendez-vous est présenté par les organisateurs comme un moment de partage, de réflexion et d'étude , ouvert à tous et sans aucun caractère politique. L'objectif est à la fois de faire découvrir l'île à des visiteurs extérieurs et d'offrir un cadre respectueux, serein et apaisé aux personnes pratiquantes.
L'offensive de la LDH Corsica
Ce rassemblement a immédiatement fait réagir la section corse de la Ligue des droits de l'Homme. Le 28 avril 2026, l'ensemble des membres du bureau de la LDH a signé un communiqué intitulé « Pour que la Corse soit fidèle au message des justes ». L'organisation y exprime de profondes inquiétudes quant à la nature réelle de cette manifestation.
- La LDH craint ouvertement que cet événement serve de tribune de soutien au gouvernement israélien actuel, qu'elle accuse de mener un génocide et d'organiser la famine à Gaza, tout en dénonçant la colonisation en Cisjordanie et la guerre au Liban.
- Bien qu'elle condamne de manière absolue les massacres du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas, la section corse refuse que l'île se transforme en « base arrière du conflit au Proche-Orient » par la diffusion de ce qu'elle qualifie d'idéologies belliqueuses.
- L'organisation réaffirme sa position en faveur d'un règlement pacifique passant par la création d'un État palestinien pour assurer la sécurité d'Israël.
La riposte de Terra Eretz Corsica Israël
Face à ces accusations, Terra Eretz Corsica Israël a formellement répliqué le 1er mai avec un communiqué d'alerte. Jugeant la prise de position de la LDH d'une gravité exceptionnelle, l'association s'est vivement défendue :
- Les organisateurs dénoncent une mise en cause directe, infondée et potentiellement dangereuse.
- Ils rejettent fermement l'idée que leur manifestation soit une tribune politique, qualifiant cette présentation de déformation inacceptable de la réalité.
- L'association souligne que cette stigmatisation publique contribue à nourrir des amalgames dangereux, dont les conséquences peuvent être graves et imprévisibles.
- Elle rappelle avec force que la liberté d'association et la liberté de culte sont des principes fondamentaux.
- Elle estime que l'organisation d'un shabbat ne saurait en aucun cas servir de prétexte à des accusations diffamatoires.
Se refusant à céder aux pressions, l'association Terra Eretz Corsica Israël a indiqué qu'elle maintenait son événement, se déclarant fidèle à ses valeurs de dialogue, de respect et de paix.