Mercredi 20 mai 2026

Scola Corsa appelle à manifester samedi à Bastia

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Scola Corsa
L'école bilingue traverse une crise sans précédent. Face à ce qu'ils considèrent comme un blocage de l'État sur la question des contrats enseignants, les soutiens de Scola Corsa appellent la population insulaire à descendre dans la rue à la fin du mois.

C'est un véritable cri d'alarme pour l'avenir de l'immersion linguistique sur l'île. Les écoles associatives Scola Corsa, qui scolarisent aujourd'hui plus de deux cents élèves à travers la Corse dans un cadre laïque, gratuit et entièrement corsophone, se disent aujourd'hui « menacées de mort ». En ligne de mire : le refus ou le retard de l'État à concrétiser la contractualisation généralisée des postes d'enseignants (onze postes sont au cœur des débats), couplé à des remises en question des subventions allouées à la structure.

Face à cette impasse qui fragilise la pérennité financière et éducative de leurs établissements (implantés notamment à Bastia, Biguglia, Corti et Sarrula è Carcupinu), le comité de soutien a décidé de durcir le ton. Jugeant que cette contractualisation est un préalable non négociable, ils appellent tous les insulaires à un grand rassemblement populaire prévu le samedi 30 mai dans les rues de Bastia.

Un bouclier sociétal et institutionnel

Si l'inquiétude est vive du côté des encadrants et des parents d'élèves, l'association peut néanmoins s'appuyer sur une dynamique de solidarité qui dépasse largement le seul cercle militant. En quelques semaines, la défense de l'enseignement immersif est devenue une cause partagée par de multiples pans de la société corse.

Sur le front politique, la mobilisation est spectaculaire : à ce jour, 110 conseils municipaux à travers l'île ont publiquement affiché leur soutien en adoptant des motions. Une légitimité politique doublée d'une caution académique, puisque l'Université de Corse s'est également rangée du côté du réseau associatif.

Le tissu économique a, lui aussi, pris position. Sous l'impulsion de la démarche « L'impresa pè a Lingua », plus de 180 chefs d'entreprise et acteurs économiques insulaires ont récemment paraphé un manifeste appelant à sauvegarder cet outil de transmission, arguant que la langue est un puissant vecteur de cohésion sociale et d'inclusion. Sur le plan national, c'est le collectif « Pour que vivent nos langues » qui a apporté son appui total à la méthode Scola Corsa.

La rue comme ultime recours ?

Malgré ce soutien unanime, les garanties étatiques se font toujours attendre. Pour les organisateurs de la manifestation, l'enjeu du 30 mai dépasse donc le simple cadre administratif : il s'agit de démontrer à Paris que la méthode immersive n'est pas une expérimentation marginale, mais bien une attente sociétale forte, essentielle pour former des locuteurs actifs de demain.

Les élus, les syndicats, les acteurs culturels et l'ensemble des citoyens sont ainsi conviés à faire bloc à Bastia, pour exiger que l'État honore ses engagements et laisse Scola Corsa poursuivre sa mission d'intérêt général.