Lundi 4 mai 2026

ACA : la mairie d’Aiacciu et les supporters s’accordent sur la nécessité d'une maîtrise publique de Timizzolu

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ac Ajaccio
Alors que la convention d'occupation du stade de Timizzolu arrive à échéance le 30 juin prochain, le Cullettivu Biancu è Rossu a tiré la sonnette d'alarme pour réclamer la sécurisation des infrastructures historiques du club. Un appel entendu par le maire d'Ajaccio, Stéphane Sbraggia, qui prône une solution pérenne et maîtrisée à l'échelle intercommunale.

L'AC Ajaccio panse ses plaies et regarde vers l'avant. Après le traumatisme de la faillite survenue en août 2025 et la relégation en Régional 2, le club acéiste a su redresser la tête sportivement, validant son ticket pour le Régional 1 la saison prochaine. Mais si le renouveau sportif est en marche, porté par une ferveur populaire intacte, l'avenir institutionnel de cette institution vieille de 116 ans reste suspendu à une épée de Damoclès : la question de ses infrastructures.

Dans une communication diffusée fin avril, le Cullettivu Biancu è Rossu, fort de ses 1 200 adhérents, a mis en lumière l'urgence de la situation. Le site de Timizzolu, cœur battant du club, appartient aujourd'hui à des acteurs privés. Or, la convention précaire qui lie l'ACA aux propriétaires prendra fin le 30 juin prochain. Une date butoir au-delà de laquelle le club navigue à vue.

« Reconstruire demain ou sécuriser ce qui existe aujourd'hui ? »

Pour les supporters, la réponse est évidente : repartir de zéro sur un nouveau foncier serait une aberration économique et logistique. Le collectif plaide pour une maîtrise publique du site actuel, qui s'étend sur 8 hectares et comprend un stade de 12 500 places, des terrains d'entraînement homologués et diverses structures bâties par le club sur ses fonds propres ces trente dernières années.

Le Cullettivu rappelle par ailleurs le poids économique du club dans la région : au cours de la dernière décennie, plus de 100 millions d'euros ont été injectés dans l'économie locale (salaires, prestataires, investissements), faisant de l'ACA un contributeur net, et ce, malgré un manque d'aides publiques structurelles comparé à d'autres clubs de même envergure. L'objectif de leur démarche, qui fait suite à une interpellation unanime des candidats lors des récentes élections, est d'engager une étude précise pour définir un cadre de gouvernance publique.

La CAPA en première ligne

Face à cette main tendue, la réponse de la municipalité ne s'est pas fait attendre. Le maire d'Ajaccio et président de la CAPA, Stéphane Sbraggia, a réaffirmé sa volonté de ne pas agir dans la précipitation, tout en partageant le constat d'urgence et la nécessité de sécuriser l'existant.

Soulignant que les infrastructures de l'ACA dépassent le simple cadre sportif pour toucher à la cohésion sociale et à la formation de la jeunesse, Stéphane Sbraggia a fixé un cap clair : la construction d'un modèle durable, « juridiquement sécurisé et financièrement maîtrisé ». Pour l'édile, c'est bien la Communauté d’Agglomération du Pays Ajaccien (CAPA) qui a vocation à porter cette stratégie globale.

La Ville se dit aujourd'hui à la disposition des dirigeants de l'AC Aiacciu pour poursuivre les échanges. À quelques semaines de l'échéance fatidique du 30 juin, le dialogue entre la mairie, l'agglomération et le club s'annonce déterminant pour transformer cette convergence d'idées en un véritable projet de sauvegarde du patrimoine sportif ajaccien.