Mardi 5 mai 2020

5 mai 1992

In memoria.
Un ci ne scurderemu mai.

Le 5 mai 1992, la Corse s'apprête à vivre un moment historique... qui va chavirer.


Le SC Bastia doit recevoir l'Olympique de Marseille de Barnard Tapie à Furiani pour la demi-finale de la coupe de France.
L'Olympique de Marseille compte alors dans son effectif des stars telles que Papin, Boli, Waddle, Deschamps, Olmeta, Sauzée, Amoros.

La Corse est à la fête et l'exploit est possible pour le club Corse qui évolue alors en Deuxième Division.

Si l'exploit est envisageable c'est en grande partie grâce aux supporters Bastiais, venus en masse pour encourager so, équipe à domicile avec ferveur : quelques minutes avant le coup d'envoi qui doit être donné à 20h30, Furiani est survolté, Furiani tremble, Furiani chante au moment où les joueurs marseillais rentrent au vestiaire après leur échauffement.

Il est 20h23 lorsqu'une partie de la tribune nord s'effondre sous les yeux de milliers de personnes impuissantes.
3000 supporters tombent dans le vide, faisant pour certains une chute de 15 mètres.

Le chaos s'empare du stade et les victimes sont coincées sous un amas de ferraille.
Ceux qui le peuvent quittent la tribune en direction du terrain et les secours se mettent rapidement en place.
Tout le monde se démène pour aider à sortir les victimes des décombres, joueurs, staff, supporters, services de secours.
Le terrain jonché de débris devient un hôpital de campagne et les victimes sont évacuées rapidement vers les hôpitaux de l'île.
Les minutes passent et le bilan s'alourdit.
La catastrophe coûtera la vie à 18 personnes et en blessera 2357 autres dont certaines garderont des séquelles à vie.
 

Une construction à la hâte 

Dix jours avant le match, la tribune Claude PAPI pouvant accueillir 600 personnes  est détruite sans autorisation en vue de la construction d’une tribune permettant de porter la capacité totale du stade à 18000 places.

Au vu de l'engouement qu'entraîne cette rencontre de football, les instances dirigeantes du SC Bastia souhaitent faire une recette maximale lors de cette rencontre face à l’OM.

Suite au déblayage à l’issue de la destruction, une entreprise niçoise est mandatée pour construire une structure métallique qui sera d’une capacité de 9300 places.
La construction de la tribune nord commence le 28 avril et se termine le 5 mai 1992, quelques heures avant la rencontre.
 

Un drame inéluctable


Pendant l'échauffement des joueurs, la tribune bouge, les supporters sont à la fête et surchauffés. La tribune est fragile sous le poids des spectateurs et le speaker demande aux supporters d'arrêter de taper des pieds. En vain.

Sur les tubes verticaux de la partie arrière, il manque des diagonales de renfort. De plus, ces derniers reposent sur des cales en bois et des parpaings qui ne sont pas scellés.

Le drame est donc inévitable et la partie haute s'effondre, 7 minutes avant le coup d’envoi, emportant des vies, endeuillant des familles entières, endeuillant la Corse et mettant brutalement fin à ce qui devait être une fête.
Tous les Corses, de prêt où de loin ont été touchés par cette tragédie.

En février 2020, l'assemblée nationale a reconnue la catastrophe de Furiani comme un drame national et a voté en faveur d'un 5 mai sans football en hommage aux victimes, après des années de combat mené par le collectif des victimes et de ceux qui militaient pour que cette journée soit un jour de deuil dans le monde du football.

Cet événement restera le plus tragique jamais survenu dans un stade en France.

En ce mois de mai 2020, au vu des circonstances sanitaires exceptionnelles, les commémorations habituelles ne pourront avoir lieu mais il était inconcevable de ne pas organiser un événement pour entretenir le devoir de mémoire. Une messe a été célébré ce jour à 9h par le prêtre Georges NICOLI à la paroisse Notre Dame de Lourdes et diffusée en direct sur la page facebook du collectif des victimes par Madame Josepha Giudicelli.

Une gerbe sera déposée au mémorial des victimes par des membres du collectif mais le public ne pourra s’y rendre en raison des restrictions sanitaires.

 

In memoria.
Un ci ne scurderemu mai.