Mercredi 17 juin 2020

Allons-nous vers le report des élections régionales ?

Initialement prévues en mars 2021, l’exécutif ouvre le débat pour un possible report des élections régionales après les élections présidentielles de 2022 afin de mobiliser toutes les forces en présence pour relancer le pays.

Etroitement associé au plan de relance économique qui sera mis en place à l’automne, les régions se seraient vu autoriser l’aide de l’Etat en échange du report des élections. C’est lors d’un déjeuner avec Renaud Muselier, Conseiller Général des Bouches-du-Rhône qu’Emmanuel Macron a évoqué ce deal.

Les présidents de régions dénoncent un chantage.

Le chef de l’Etat considère que les présidents de région ne peuvent se consacrer à la relance du pays tout en faisant campagne pour les régionales. Pour beaucoup, cela cacherait une stratégie politique dans le cadre des présidentielles. En effet, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France et Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France sont notamment vus comme des rivaux potentiels dans la course à la présidence par Macron qui ne souhaiterait pas aider des rivaux sans contreparties.

Ces derniers n’ont pas tardé à réagir, Valérie Pécresse déclarant au Parisien que : « « Reporter des élections n’est pas un choix de convenance personnelle, ni du président de la République ni des présidents de régions. Il faut respecter le peuple ». Des propos qui font échos à ceux de Xavier Bertrand dans le Figaro : « Un jour, Emmanuel Macron veut changer la date de la présidentielle pour l’avancer, le lendemain il veut changer la date des régionales pour les reculer. Les élections, ce n’est pas un jeu de dés ! Derrière les élections, c’est le peuple, et le peuple on le respecte. »

Renaud Muselier, de son côté a déclaré qu’Emmanuel Macron n’avait pas prononcé de noms lors de ce déjeuner et que la teneur des discussions avec le président était sous le sceau de la confidentialité.

La sortie du Covid-19 semble montrer que les yeux vont vite se tourner vers la présidentielle et le président joue sûrement, avec son plan de relance, sa place à l’Elysée.