Jeudi 18 juin 2020

Caméras thermiques pour voyages sécurisés ?

Toujours pas de Green Pass, mais la Corse s’organise avant l’arrivée du flux de touristes sur l’île. Les aéroports d’Ajaccio, Bastia, Calvi et Figari vont être équipés de caméras thermiques visant à identifier les passagers fiévreux et donc possiblement atteints du coronavirus.

C’est d’ici une quinzaine de jours que le dispositif devrait être définitivement mis en place mais quelques détails restent encore à régler avec l’Agence régionale de santé et la préfecture avec comme point d’orgue la prise en charge des personnes fiévreuses et par qui seront effectués les contrôles.

Les contrôles aux aéroports vont viser à rassurer professionnels et habitants

Impactés par la crise du coronavirus, les habitants et professionnels du tourisme sont inquiets au moment d’attaquer la saison estivale. En effet, il y a toujours la crainte d’une 2ème vague et l’afflux de touristes pourrait créer un cluster quasiment impossible à gérer au vu de la capacité d’accueil des hôpitaux de l’île de Beauté.

Le dispositif des caméras thermiques est déjà utilisé par plusieurs entreprises sur le continent. Renault, Amazon et la RATP utilisent déjà ses systèmes pour leurs employés et leurs usagers pour assurer la sécurité sanitaire. Ce qui va dans le sens des déclarations du secrétaire d’Etat aux Transports qui n’est pas contre l’utilisation généralisée de ces caméras : « La sécurité sanitaire, c'est la succession de mesures de contrôle, de vigilance, qui permet de créer un environnement contrôlé et de confiance ».

Déjà des mises en garde du CNIL

La commission nationale de l’informatique et des libertés s’inquiète déjà du « développement incontrôlé » des moyens de contrôle et que certains dispositifs envisagés ne respectent pas le cadre légal. Pour la CNIL, on atteint une banalisation des technologies intrusives qui porte atteinte au fonctionnement normal de la démocratie.

Comme pour l’application Stop Covid, nombreux sont ceux qui sont vent debout contre l’utilisation des technologies de traçage qui contrôlent les populations sans que l’on sache vraiment ce qui advient des données récupérées.