Lundi 29 juin 2020

Convention citoyenne sur le climat : les jokers de Macron

Au lendemain du 2ème tour des élections municipales où une vague verte à déferlé sur les grandes villes, Emmanuel Macron va prendre la parole pour réagir aux propositions de la convention citoyenne sur le climat. Bordeaux, Lyon, Strasbourg, de nombreuses grandes villes vont être dirigées par les écologistes et d’après l’Elysée, Emmanuel Macron a entendu le message et entend apporter des réponses fortes.

Emmanuel Macron a utilisé ses 3 jokers.

Emmanuel Macron l’avait promis, toutes les propositions de la convention seront transmises au gouvernement, mais il se permettait d’utiliser 3 jokers. Et bien le Président de la République a bien utilisé ses 3 jokers, notamment sur la proposition de réduire la vitesse maximale à 110 Km/h sur les autoroutes. Sans totalement fermer la porte à cette possibilité, il a décidé de reporter le débat sur cette proposition notamment car le travail de la convention pourrait être réduit à cette proposition. Il a également justifié son rejet par le fait que cela pourrait stigmatiser une partie de la population : « J'en comprends l'objectif, mais vous avez beaucoup débattu et vous l'avez redit dans vos propos : pour que ça marche, il ne faut pas stigmatiser les gens, il ne faut pas les diviser. Il faut réussir à les embarquer tous ensemble. »

Le président n’a pas non plus retenu de taxer à 4% les dividendes lorsque ceux-ci sont supérieurs à 10 millions d’euros avec comme principale raison la défense de la compétitivité des entreprises françaises. Le Président ne voit pas dans la fiscalité une bonne manière de répondre au défi écologique : « Nous sommes déjà un pays qui est très fiscalisé et je pense qu’accroître la fiscalité pour répondre à ce défi n’est pas la bonne manière.»

Emmanuel Macron rejette également la possibilité de réécrire le préambule de la constitution en plaçant l’écologie au centre de celui-ci. Pour le chef de l’Etat, ce serait réduire nos autres valeurs fondamentales et « pas cohérent avec le projet et la philosophie des Lumières qui porte notre République. »

Pour le reste des propositions, elles seront toutes étudiées par le gouvernement et un premier référendum devrait avoir lieu « d’ici à 2021 » sur l’ajout des notions de « biodiversité, d’environnement, de lutte contre le réchauffement climatique" dans l’article 1er de la Constitution. » Emmanuel Macron qui considère cette convention née du grand débat comme un succès n’exclut pas de réitérer l’expérience sur d’autres sujets dans les mois à venir.