Crise sanitaire : Les pharmaciens s’adaptent
Ce sont donc deux comptoirs, positionnés aux deux ouvertures de l’officine, qui accueillent les patients : d’un côté la prise en compte de la commande, de l’autre la délivrance des médicaments afin d’éviter le contact et privilégier la distanciation sociale.
Pour les plus fragiles, un système de Drive a même été mis en place par l’officine afin que la population puisse bénéficier de son traitement sans avoir à se déplacer, la livraison se faisant à domicile ; C’est le cas en particulier pour les personnes âgées, les jeunes mamans mais également les personnes aux pathologies spécifiques qui nécessitent une vigilance accrue et le moins de contacts possibles.
Si au début du confinement, un certain rush a été constaté, du fait de l’inquiétude des patients en termes de pénurie de médicaments et de produits de première nécessité, aujourd’hui les visites à l’officine sont redevenues normales et les patients se rendent à la pharmacie essentiellement pour les traitements déjà prescrit avant confinement et pour les bobos du quotidien.
Il n’y a pas eu et il n’y a pas de pénurie de médicaments en raison de la crise sanitaire. Comme le souligne Caroline Le Bigot, les pharmaciens sont confrontés tout au long de l’année à des ruptures de stocks, dans les laboratoires, de certains médicaments mais elle ne constate pas plus de produits manquants durant cette période de confinement que tout au long de l’année.
La question des masques reste bien sûr d’actualité : Le Ministère de la Santé a appelé les pharmacies à réserver les masques au personnel soignant, les stocks étant encore inférieurs à la demande. Si la situation semble s’éclaircir, il y a eu malgré tout un flou au niveau de la loi pour les officines concernant le droit ou non de vendre ces masques à la population. Ce n’est que le 29 avril à 20h15 que le gouvernement a autorisé les pharmacies à vendre des masques à la population, information relayée par les médias et provoquant un rush important dès le lendemain dans toutes les pharmacies. Les stocks n’étant pas constitués, les patients sont repartis bredouilles au désarroi des pharmaciens. Ces derniers ont dû passer commande rapidement de masques auprès d’entreprises chinoises, les entreprises françaises étant réquisitionnées par l’État, ce qui a eu pour effet d’augmenter considérablement les délais de livraison (transport, passage en douane, …) et par conséquences de mise à disposition auprès des patients.
A aujourd’hui, les officines ne disposent toujours pas de masques pour leurs patients alors que la grande distribution en propose déjà.
Si Caroline Le Bigot concède que pouvoir se procurer des masques par le biais de la grande distribution est une bonne chose, elle souligne également le fait que l’utilisation d’un masque et la manière de le porter est primordiale et peut, en cas de mauvaise utilisation, ne servir strictement à rien. Les pharmaciens sont des professionnels de la santé et sont en mesure d’indiquer à leurs patients comment se protéger aux moyens d’un masque : un masque mal utilisé ne sert à rien malgré le fait que son utilisateur se pense protégé.
Et la préparation du corps et de son aspect physique pour l’été à venir ?
SI les joggeurs sont de plus en plus nombreux, si les personnes font du sport à la maison, si les cours sur internet se multiplient, le confinement apporte son lot de désagréments : il est devenu plus facile d’ouvrir le placard de friandises, les apéros virtuels sont de rigueur sur les réseaux sociaux et le poids augmente en conséquence. Les demandes de cures « detox » et perte de poids sont en augmentation afin de préparer une hypothétique saison estivale.