ÉCONOMIE : Le monde immobilier loin d’être épargné par la crise du Covid-19
Quasiment tous les secteurs ont été touchés, du moins tous ceux qui sont restés fermés durant de longues semaines qui se suivaient et se ressemblaient fortement.
L’endroit où nous avons été confinés a été un acteur essentiel dans le bon (ou mauvais) déroulement de notre mise en quarantaine : nous n’avons pas vécu la situation de la même manière si nous étions dans un tout petit espace ou dans une villa avec jardin.
Nous nous sommes rendus compte que notre espace de vie représentait tout simplement … notre niveau de vie et notre pouvoir d’achat.
Si la crise économique est aussi violente que l’on laisse entendre, comment allons-nous faire pour passer du studio au F4 avec terrasse pour supporter un éventuel autre confinement dans les jours ou les années qui viennent ?
Personne !
Une chose est donc sûre, on ne sait jamais ce qui peut se passer !
Nous avons posé quelques questions à Yves Menassé, Directeur de Max’Immobilier Groupe pour tenter de voir ce que l’avenir nous mettra comme toit au-dessus de nos têtes.
En quoi la pandémie de COVID a-t-elle influencé le marché immobilier ?
Elle a littéralement stoppé l’industrie immobilière, mis le marché à l’arrêt. Depuis que nous sommes en confinement 98% de notre travail de vente s’est estompé, cela touche les achats dans le neuf dans l’ancien, mais aussi touche sévèrement les locations : nous recevons quelques demandes, mais comme on ne peut pas effectuer les visites nous sommes obligés de repousser les opérations à plus tard.
Les nombreuses personnes qui devaient quitter leur logement durant la mise en quarantaine ont obtenu des délais supplémentaires, ce qui leur ont permis de s’éviter le stress d’un déménagement qui aurait été impossible durant cette période compliquée.
Dès le début de la montée en puissance du virus en France, j’ai anticipé en décidant en amont de fermer les agences. A ce moment-là, il a fallu se poser, étudier tous les paramètres et définir comment gérer la situation.
Comment allons-nous faire face à toutes nos charges et obligations financières qui n’ont bien évidement pas diminuées avec l’apparition du Covid ?
Ce sont toutes ces questions essentielles auxquelles il a fallu tenter de trouver une réponse, dès le premier jour de confinement.
Même si nous avons été réactifs et avons demandé le chômage technique en début de crise, nous n’avons pas encore reçu de l’argent de l’état qui sera sans doute une respiration pour nous.
Comment pensez-vous que le marché immobilier va évoluer ?
Nous allons surement voir des biens rentrer : tant à la vente qu’à la location à l’année. Malheureusement, nombreuses seront les personnes qui ont fait des investissements locatifs et qui ne pourront plus assumer leurs crédits.
Puis la pandémie du Covid-19 va impacter directement les prix de l’immobilier, c’est tout simple, si l’offre est supérieure à la demande, les prix vont chuter.
Si de nombreux appartements sont mis sur le marché et que la demande diminue mécaniquement on pourra obligatoirement observer une baisse des prix minimum de 10 ou 15 %.
Quels seront les rôles des commerciaux et agents immobiliers après le confinement ?
Nous sommes en train de préparer « l’Après » avec nos équipes, nous dialoguons beaucoup par visioconférence.
Notre volonté actuelle consiste à effectuer un travail de fond basé sur l’échange avec nos anciens contacts.
Nous nous remettons en lien, cela nous fait plaisir d’avoir de leurs nouvelles et cela nous permet de faire un état des lieux sur la situation dans laquelle se retrouve les gens.
Puis surtout, nous nous perfectionnons sur le digital, nous aiguisons les outils que nous utilisons déjà et partons à la recherche de nouveaux qui pourraient nous être utiles dans un futur proche.
Enfin, nous faisons une consommation importante de formations qualifiées en ligne de manière à améliorer la qualification de nos équipes pour qu’elles soient opérationnelles dès la reprise possible.
Quels sont les répercutions à prévoir sur le moyen terme ?
Les toutes petites entreprises ou celles qui sont en difficultés seront les grandes sacrifiées. Les entreprises qui avaient, malgré le choc de la situation, un peu de quoi tenir s’en sortiront, mais sous conditions …
Malheureusement il peut y avoir de tristes conséquences comme le fait que des sociétés ne pourront pas garder tous leurs collaborateurs. La crise va faire d’importants dégâts dans le monde du travail quelque soit l’activité.
Les banques sont littéralement mobilisées par le gouvernement qui a pour directive d’octroyer des crédits aux entreprises, pour tenter de les sauver donc rien n’est perdu !
Mais, les particuliers qui souhaiteront demander un prêt pour un achat immobilier, peuvent rencontrer plus de difficultés car les banques qui ont déjà durcis leurs conditions d’accès au crédit en janvier vont probablement continuer à le faire malgré elles du fait des financements dont auront besoin les entreprises qui pourront être sauvées de ce cataclysme.
Cela sera long et je ne pense pas que nous puissions retrouver notre vitesse de croisière d’avant Covid de sitôt. Dans le meilleur des cas ça sera au 1ersemestre 2021, à condition qu’il n y est pas d’autres pics pandémiques dans les mois à venir, ce dont personnellement je doute.
Le Covid-19 et ses crises sociales et économique associées sont « l’arbre qui cache la forêt » : nous sommes arrivés au bout de notre système car nous dépensons plus que nous gagnons, cela ne peut continuer ainsi.
La pandémie a accéléré ce « krach » et dans les mois à venir nous aurons dans l’obligation de changer notre mode de fonctionnement etcela se fera probablement dans la douleur.
Pensez-vous que la situation pourra revenir comme avant ? Si oui, quand ?
Cela me semble compromis car notre modèle économique et social sera bouleversé, cela passera par beaucoup d’efforts.
Nous devrions assister dans les années à venir à une profonde modification des modèles spécifiques à la France comme les régimes spéciaux de retraite, les allocations chômages, les remboursements de sécurité sociale ainsi que des modifications importantes dans la fonction publique.
Tout est encore très flou, mais une chose est sûre c’est que nous devrons être très attentifs, observateurs et nous adapter. A l’avenir, l'adaptation sera le maître mot.