Hong Kong : le crépuscule de la démocratie
En 1997, le traité entrait en application et le royaume Uni quittait le territoire.
Ce traité entérinait le principe de « Un seul pays, 2 systèmes ». Du moins, les britanniques et l’occident le croyaient. Il permettait à Hong Kong de conserver son système démocratique et son autonomie, au moins jusqu’en 2047, soit pendant 50 ans. La Chine conservant ses pouvoirs régaliens en matière de politique étrangère et de défense.
Depuis que Hong Kong a quitté l’empire britannique pour rejoindre celui du milieu, les tentatives de la république communiste pour étouffer la démocratie à l’occidentale se sont amplifiées.
À contrario, le dernier gouverneur anglais, de 1992 à 1997, Chris Patten avait initié une série de réforme politique visant à accroitre les pouvoirs du peuple hongkongais. Évidemment, le pouvoir chinois avait violemment réagi à l’époque. Il avait essayé d’empêcher, sans succès, ces avancées démocratiques. Il avait, également, restreint l’accès des chinois du continent au territoire autonome, par peur de la contagion démocratique.
Depuis 1997 et le retour de Hong Kong dans le giron chinois, les tensions entre les habitants de l’ex colonie britannique et le gouvernement communiste n’ont cessé de s’exacerber.
Les manifestations n’ont cessé de se dérouler, parfois violentes. Les Hongkongais ont déployé des trésors d’ingéniosité pour échapper aux arrestations, à la surveillance policière. En y réussissant, notamment à partir de septembre 2019, ils ont, probablement et directement, entrainé la décision du gouvernement central de Pékin de passer à la vitesse supérieure, d’accélérer la normalisation et d’en finir avec le système démocratique en place.
Suite aux protestations occidentales, USA et Grande Bretagne en tête, le gouvernement chinois a déclaré que le traité de 1984 n’était plus qu’un document historique sans valeur juridique.
En juin 2020, Pékin a fait voter une loi sécuritaire, permettant au gouvernement central d’intervenir directement à Hong Kong en cas de menace sur la sécurité intérieure et pour lutter contre la « subversion ». Cela est évidemment contraire aux termes du traité originel, et met, de facto, un terme au principe du « 1 pays, 2 régimes » en vigueur.
En réponse, Boris Johnson, le premier ministre britannique, déclare permettre aux 3 millions de résidents hongkongais, nés avant 1987, d’être faits citoyens du Royaume Uni et de leur accorder l’asile. Les USA, affaiblis par la terrible épidémie de Covid que connait le pays, et par l’inconstance du Président Trump, n’impressionnent pas la Chine. Cette dernière, désireuse de faire oublier sa gestion contestée de l’épidémie, a choisi de détourner l’attention des chinois sur les ennemis extérieurs. Bien entendu, elle refuse ce qu’elle qualifie d’ingérence dans ses affaires intérieures.
Les victimes de ces évènements sont évidemment les habitants de Hong Kong. Ils ont pris goût à la démocratie et savent très bien qu’ils vivent la fin de leurs libertés individuelles.
La seule lueur d’espoir, fragile et de toute façon provisoire, réside dans la puissance financière de l’ex-colonie, toujours extrêmement importante, et indispensable à l’économie chinoise. Shanghai n’a pas encore réussi à la supplanter. Pékin va probablement appliquer discrètement, au début du moins, la nouvelle loi pour ne pas effrayer les banques et assurances installées à Hong Kong.
Nous vivons, la fin d’une expérience démocratique, la chute d’un pan de la civilisation occidentale en orient et d’une grande cité. Le nom de Hong Kong va s’ajouter à ceux d’Athènes, Ninive, Memphis, Babylone, Troie, Constantinople, Rome… Les ruines seront ici plus humaines que patrimoniales, cela n’en sera pas moins un évènement historique tragique.
Pour la suite, n’oublions pas que le prochain objectif de l’ogre chinois sera de récupérer, après la mer de Chine, l’île de Taiwan (Formose) et ce petit état de 27 millions d’habitants, qu’elle revendique depuis 1949…