Inseme : Comment l'association d'aide aux malades a fait face à la crise sanitaire ?
Réponses de Laetitia Descoin-Cucchi, Présidente de l'association INSEME
Comment s’est passé le confinement pour votre association ?
Laetitia Descoin-Cucchi : Du point de vue de l’équipe nous nous sommes très vite organisés pour pourvoir travailler à distance. Il n’y pas eu de rupture d’activité, nous avons été totalement opérationnels et mobilisés au service des malades pour qui tout a été beaucoup plus compliqué pendant cette période.
Aujourd’hui, comment se passe le déconfinement ?
La reprise est progressive. Nous allons pouvoir rouvrir nos Bureaux d’Ajaccio et Bastia mais en respectant tous les gestes barrières et les mesures sanitaires indispensables. Il faut garantir la sécurité de nos salariées et de nos bénéficiaires qui sont très souvent malade et donc fragiles. Pour l’instant l’accueil physique du public ne sera pas possible, sauf besoins très particuliers. Dans ce cas, nous prévoirons des rdv.
La maladie malheureusement ne s’arrête jamais ... comment avez-vous gérer la baisse de fréquence des transports durant ces deux mois ?
Cela a été vraiment très difficile à gérer. Dans certains cas, les rdv prévus sur le continent en mars et avril ont pu être reportés. Pour les personnes dont la pathologie ne permettait pas de décaler les départs nous avons dû faire face à plusieurs contraintes. Les liaisons d’Air Corsica vers Marseille et Nice ont été fortement réduites et elles ont été supprimées pour Paris suite à la fermeture de l’aéroport d’Orly. Mais ce service minimum a été essentiel. Sans cette mobilisation de la compagnie régionale, la situation aurait été dramatique pour les malades qui n’avaient pas d’autre choix que de traverser la mer pour accéder à des soins.
Idem dans pour le transport maritime. Les passagers étaient interdits à bord des bateaux mais heureusement une dérogation était possible pour les personnes se déplaçant pour raison médicale. Nous avons eu une excellente collaboration avec Corsica Linea pour permettre d’accompagner les malades qui devaient prendre le bateau.
Nous avons eu également à faire face aux problèmes d’hébergement des personnes qui ne pouvaient pas faire l’aller-retour dans la journée. Les hôtels avaient fermé, de même que les structures associatives, y compris celle qui gère nos deux appartements à Marseille. Ca a été un vrai casse-tête !
Inseme, c’est une équipe qui travaille au quotidien, mais de combien de personnes ?
Nous avons à présent 4 salariées réparties sur nos bureaux d’Ajaccio et Bastia. Elles sont chargées de l’accompagnement personnalisées des plus de 800 familles que nous accompagnons. Tout le reste de l’équipe, dont les membres du Conseil d’Administration, sont des bénévoles qui se mobilisent pour récolter des fonds et faire entendre la voix de malades.
Peut-on devenir bénévole ?
Oui bien sûr ! Nous avons toujours besoin de renforts !
Il suffit de se rendre sur notre site www.inseme.org. Dans la rubrique « Nous soutenir » puis « Particuliers » vous trouverez le formulaire à compléter pour devenir bénévole.
Comment peut-on vous aider concrètement ?
Chacun, particulier, entreprise ou association peut rejoindre notre chaine d’entraide et de solidarité locale. Nous avons besoin de dons financiers, mais aussi de mécénat de compétences pour nous professionnaliser toujours plus et bien sûr de personnes qui peuvent nous aider à organiser des manifestations ou à accompagner les malades isolés sur le continent.
Est-ce que les familles dans le besoin peuvent directement s’adresser à vous, comment cela se passe-t-il ?
Oui tout le monde peut nous contacter directement par téléphone au 04 95 20 22 61 ou par mail : info@inseme.org
Nous examinons chaque situation individuelle au cas par cas pour proposer un accompagnement personnalisé. En fonction des besoins nous pouvons apporter un soutien aux démarches administratives, à la recherche d’hébergement sur le continent et également délivrer des soutiens financiers pour aider les familles à faire face aux frais de transport et d’hébergement non pris en charge par l’assurance maladie. Depuis deux ans nous pouvons aussi mettre à disposition les appartements que nous achetons à Marseille et Nice.