Italie : Le gouvernement de Conte délègue aux régions la suite du déconfinement
Le ministre de l’autonomie, Francesco Boccia, a déclaré aux présidents : « Inizia la fase della responsabilità delle Regioni» (« La phase de responsabilité des régions commence »)
Cette demande d’autonomie avait été formulée lors de la dernière conférence état régions.
Cette délégation de pouvoir a été bien accueillie. L’épidémie a impacté très différemment le pays. La Lombardie industrielle a subi une terrible hécatombe dont Bergame restera le triste symbole. La Sardaigne, touristique, a été relativement épargnée, grâce, entre autres, à un environnement plus préservé et à un contrôle strict des entrées sur son territoire insulaire. Cette grande variation de situation économique et sanitaire est la raison de cette autonomie de décision.
Jusque-là, le gouvernement italien publiait des décrets nationaux, que les régions pouvaient amplifier au niveau des contraintes (masques obligatoires, tests, contrôles et accès au territoire…), mais pas en sens inverse.
Désormais, les régions pourront décider des réouvertures de certains secteurs économiques à partir du 18 mai. Le gouvernement pourra reprendre la main à tout moment, selon l’évolution éventuelle de l’épidémie.
Les consignes techniques de réouverture seront diffusées cette semaine par le comité scientifique italien et l’institut de la santé au travail.
Les bars, restaurants, coiffeurs, magasins d’habillement et autres commerces pourront donc être autorisés localement à partir du 18 mai.
Les cinémas, théâtres, concerts, piscines publiques et gymnases resteront pour l’instant fermés, les risques de contagion étant estimés trop élevés.
Le gouverneur de la Venetie, Luca Zaia (ligue du nord), demande déjà la réouverture des gymnases et des espaces touristiques.
Celui de la Ligurie, Giovanni Toti (Forza Italia), demande également la réouverture des établissements balnéaires. Il se déclare plus inquiet par la réouverture de certains locaux commerciaux, de par les difficultés de maintenir la distanciation sociale, des problèmes éventuels de ventilation.
On peut donc imaginer que le curseur entre fermeture et réouverture va être difficile à placer, et que cette course au pouvoir va entraîner des arbitrages par Rome. Ils seront surement contestés dans certaines régions, pressées de reprendre leurs activités économiques, notamment touristiques.
Finalement, on retrouve un air de déjà vu avec certaines interventions médiatiques en Corse, ces derniers jours.