TOURISME : Et si demain la Corse n'était plus une île touristique ?
Nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire actuelle, pas plus en Corse qu’ailleurs, parce que face à une pandémie très mal connue, même au moment où les « indicateurs » semblent se stabiliser, toute prévision reste extrêmement fragile.
L’incertitude sanitaire se double d’une incertitude économique, qui touche tous les domaines, ou presque.
En ligne de mire ? La saison touristique qui approche et qui frapperait directement notre île. Nous sommes alors tous "pendus aux lèvres" du Gouvernement : Quand est-ce que les restaurants ou les hôtels, pourront réouvrir ?
Si la circulation des femmes et des hommes n’est plus anarchiquement « libre », l’expression « Tourisme de masse » pourrait bien disparaître des pratiques et des dictionnaires.
Un tel scénario est très possible : François Alfonsi (Europe Ecologie / Les Verts) relevait très justement, le 24 avril, sur une antenne nationale, que l’activité touristique, qui « repose sur l’ouverture des transports » de l’île serait très impactée en fonction des modalités de cette réouverture, qui restent très floues à l’heure actuelle.
La Corse se trouve aujourd’hui dans la situation particulière d’une île de moins de 340.000 habitants dont la population quintuple ordinairement deux mois par an ! Serait-ce réellement raisonnable en période pandémique ?
Il est alors possible que l’été prochain, les transports ne reprennent pas ce flux continu qui nous submergeait chaque année, il est possible aussi que, comme commence à le préconiser, par exemple, le maire de Venise pour sa ville, les entrées sur le territoire insulaire soient limitées en nombre.
Imaginons un instant que les campings, hôtels et autres hébergements restent pour la plupart fermés, que les capacités d’accueil soient contrôlées. Qu’adviendrait-il ?
Une telle perspective serait immédiatement un bouleversement pour les hôteliers, les commerçants… de nombreux emplois en dépendent.
Des questions se posent : Surexploiter les beautés de l'île en période estival n'est-il pas un réel danger sur le long terme ? Doit-on repenser les formes d’ouverture et d’exploitations des richesses de la Corse ?
Parce que la Corse n’est pas une carte postale (bien qu'elle soit extrêmement photogénique) , mais une terre vivante et habitée de femmes et d’hommes qui ont à transmettre bien d’autres choses que des services de plage : une histoire, une culture, des espaces exceptionnels, où créer et se ressourcer : Nous sommes et devons être un lieu d’accueil plus qu'une île « à touristes » !
Cette crise pourrait être l’occasion d’une transformation de la manière dont nous vivons et faisons vivre notre île. Et une telle modification, imposée à nos vies insulaires, pourrait avoir, à terme, des conséquences réellement positives, et infléchir les modes d’habitations saisonnières et permanentes de l’île. Car combien y a-t-il, chez nous, de mémoires culturelles en jachères, de sources naturelles ignorées, qui peuvent se découvrir tout au long de l’année ?
Que doit on préserver aujourd’hui, pour ériger un futur qui rendrait notre île encore plus belle ?
Affaire à suivre ...