Vendredi 19 juin 2020

Netflix : le film érotique 365 DNI divise

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le film érotique 365 jours divise sur Netflix
La plateforme de streaming Netflix a récemment mis en ligne un film polonais adapté du roman de Blanka Lipińska. Un thriller érotique qui suscite une grande polémique.

C’est un film qui provoque la controverse.

Sur Netflix, le long-métrage polonais est présenté comme le nouveau « Cinquante Nuances de Grey».

Le synopsis ? «  Une femme de caractère dont le couple bat de l’aile tombe entre les mains d’un chef mafieux dominateur qui la séquestre et lui laisse un an pour tomber amoureuse de lui ».

Le film, adapté d’une trilogie de livres, se place désormais au sommet des palmarès sur la plateforme de streaming, non sans alimenter de vifs débats sur les réseaux sociaux.

 

Une apologie de la culture du viol ?

"Netflix vous propose dans votre catalogue le film 365 jours, classé dans la catégorie « Romantique ». Pour info séquestrer une femme, la menacer, l’agresser sexuellement, la frapper et faire pression pour avoir des relations sexuelles ça n’a rien de romantique et ça ne rend pas amoureuse. En revanche on est ok pour classer ce film dans les catégories : Violences punies par la loi, concentré de culture du viol ou encore mieux aux oubliettes ». Explique à travers un post sur sa page Facebook, le collectif de lutte contre les violences sexistes et sexuelles Nous toutes.

Loin d’une histoire romantique que l’on suit sur plusieurs semaines à l’instar de 500 jours ensemble, le film produit par Barbara Bialowas et Tomasz Mandes déclenche de vives réactions  :

« Le film 365 jours c’est PAS possible Netflix faut enlever ça de votre plateforme ! Ce film prône clairement le viol ! ».

« Vous mélangez tout ici c’est grave, parce qu’on trouve le héros de 356 DNIça veut dire qu’on approuve la culture du viol, le kidnapping, la violence etc ? Mais réveillez-vous c’est un film et l’acteur est bg c’est tout »

« C’est le cliché d’une société qui normalise, encourage, banalise et applaudit la violence à l’égard des femmes. Le film réunit presque toutes les formes de violences qu’un homme et qu’un système patriarcal peut infliger à sa femme »

« Mais votre film là #365jours…Mais il est malaisant au possible…Le mec enlève une meuf, lui dit qu’il ne la touchera pas si elle n’est pas consentante ( alors qu’il a la main sur son sein…(SPOILER ALERT c’est de l’attouchement non consenti) et elle tombe in love de lui ».

 

Des réactions cinglantes vivement soutenues par dans les médias.

Quand les médias s’insurgent

Il n’y a pas que sur les réseaux sociaux que l’oeuvre cinématographique est perçue comme violente et malsaine. Elle est également qualifiée d’apologie érotique des violences, de la soumission féminine ou du syndrome de Stockholm dans la presse.

À l’image du magazine Grazia qui dénonce que « Très vite, arrive une scène de sexe oral non consentie par une hôtesse de l'air. Si l'image de la femme est catastrophique à ce moment-là, on peut se rassurer en se disant que celle du mâle alpha qui jouit comme une bête l'est aussi. Mais comme montrer une scène de viol ne suffisait pas, il a fallu qu'elle soit suivie d'une scène où l'on comprend que la victime a finalement aimé ça. On le sait tous, non, veut dire oui. Bien entendu. Gloups. ».

Aufeminin surenchérit : « C'est tout le problème de 365 Dni : le film dresse le portrait d'un pervers narcissique. Massimo est dangereux, c'est un agresseur. Il positionne Laura comme étant son objet et sa victime tout en ayant un discours contradictoire... Mais ce qui ressort de cette histoire c'est pourtant de l'amour. Résultat : on romantise la brutalité d'une relation ainsi que le viol, les agressions physiques comme verbales. 365 Dni fait ainsi partie de ces films qui contribuent à la culture du viol. Banaliser une agression, idéaliser un pervers narcissique et lui pardonner ses crimes pour sa plastique de rêve et son passé compliqué... C'est tout ceci qui participe à la culture du viol qui, surtout au sein de la pop culture, devrait être banie ». 

Si l’acteur principal a tenu a répondre à la polémique, les internautes ne semblent pas avoir dit leur dernier mot. 

Une pétition est désormais en ligne pour demander la suppression du film de la plateforme.