Palais Fesch : exposition de João Vilhena
Diplômé de la Villa Arson, lauréat du prix Rothschild Painting en 2004, João Vilhena a exposé son travail au sein de nombreuses institutions privées et publiques en France, en Italie, Espagne, Portugal, Pologne et Turquie. Le travail de João Vilhena est guidé par l’intérêt qu’il porte au rôle de celui qui regarde. Pour lui, c’est bien le regard qui fait l’œuvre, qui l’active et lui donne du sens. Ses dessins exécutés avec précision, entament un dialogue entre l’image et les mots. D’autre part, il se sert de quelques effets comme l’illusion d’optique, le trompe l’œil et l’anamorphose. D’autre part, dans les titres de ses œuvres, il crée des contrepèteries, des anagrammes et d’autres jeux de mots.
Jean-Joseph Renucci, Commissaire d’exposition : « Invité en résidence à l’automne dernier par la Direction de la Culture de la Ville, João Vilhena a poursuivi sa série de dessins Predizione Perdizione. Ainsi il a pris appui sur un territoire à la fois familier et saturé d’images : la Corse, telle qu’elle se donne à voir autant que telle qu’elle se construit. Les pièces réalisées ici, à partir des sites de Filitosa, Cacalo ou encore l’Omu di Cagna, prennent appui sur des formes et des paysages familiers, tout en
déplaçant notre perception. » Dans les dessins de João Vilhena, la verticalité des paysages minéraux, falaises, ruines, amas de décombres, organise une dramaturgie visuelle qui n’est pas sans évoquer certains dispositifs baroques, notamment dans la peinture napolitaine du XVIéme siècle.
La lumière, le geste et le regard traduisent des moments de bascule où l’individu est confronté à une force qui le dépasse dans des espaces souvent instables et traversés de terreur. Le travail de João Vilhena repose également sur de subtils jeux de clair-
obscur. Les figures émergent de zones sombres, les volumes se construisent par contraste et par effacement, la lumière plus douce ne sert pas à révéler une vérité mais accompagne une perception incertaine parfois fragmentée, des formes et des espaces. « L’artiste ne documente pas : il travaille à partir d’images existantes, paysages, figures et motifs issus notamment de cartes postales qu’il reprend, déplace et réagence. Le Dessin n’est pas ici un espace de reproduction mais de construction d’un récit où des éléments reconnaissables coexistent sans jamais s’ajuster pleinement. La présence du minéral, montagne, roches ou ruines structure l’ensemble dans lequel les figures humaines s’inscrivent difficilement, fragiles, de passage, souvent isolées, en tension, elles semblent moins agir qu’endurer.» explique Jean-Joseph Renucci. Cette relation à la matière engage le Dessin lui-même. L’artiste applique la pierre noire broyée sur du carton gris, un rapport allégorique au minéral.
Une exposition originale qui interpelle et séduit au sein de ce Grand Palais… Exposition du 25 mars au 03 mai 2026