Violences en Haute-Corse : une stabilité trompeuse en 2025
694 victimes de violences intrafamiliales ont été recensées en Haute-Corse en 2025, soit une hausse de 4 % en un an. Une progression qui contraste avec la relative stabilité des atteintes volontaires à l’intégrité physique à l’échelle du département.
Si, globalement, les violences enregistrées reculent légèrement, les disparités territoriales se creusent. En zone police (zone urbaine), les faits diminuent de 3 %. À l’inverse, la zone gendarmerie (zone péri-urbaine) enregistre une hausse de 3,3 %, portée notamment par l’augmentation des menaces et chantages (+9,9 %). Cette évolution touche en priorité les secteurs ruraux.
La dynamique est particulièrement marquée en matière de violences intrafamiliales. En zone gendarmerie, celles-ci progressent de 10,7 %, avec des hausses notables en Plaine Orientale et en Balagne. Les femmes demeurent les principales victimes (74 %), mais la part des mineurs augmente fortement et représente désormais 25 % des victimes. En zone gendarmerie, le nombre de victimes mineures bondit de 26,9 %.
À l’inverse, la zone police enregistre un recul de 5 % des violences intrafamiliales, confirmant une fracture territoriale de plus en plus nette entre espaces urbains et ruraux.
Sur le plan judiciaire, le tribunal de Bastia a traité 686 affaires de violences intrafamiliales et/ou sexuelles en 2025. Les violences sexuelles progressent légèrement (+2,2 %), avec 236 victimes recensées. Au total, 234 condamnations ont été prononcées pour des faits de violences intrafamiliales.
Si cette évolution peut en partie s’expliquer par une libération de la parole et une augmentation des signalements, elle met aussi en lumière une réalité préoccupante : en Haute-Corse, les violences intrafamiliales frappent davantage les territoires ruraux et les publics les plus vulnérables.
Plusieurs dispositifs ont été mis en place en 2025 par les autorités pour renforcer la prise en charge des victimes. .
Une Maison des femmes a notamment été créée en lien avec l’hôpital de Bastia. Elle est destinée aux femmes victimes de violences et permet une prise en charge globale, notamment sur le plan sanitaire.
Des solutions de logement d’urgence supplémentaires peuvent également être mobilisées pour les femmes victimes de violences et leurs enfants, afin de faciliter la mise à l’abri des familles.
Par ailleurs, avec le soutien de la C3S, un dispositif de prévention des violences intrafamiliales et des violences sexistes et sexuelles a été déployé sur l’ensemble du territoire, en zones urbaines comme rurales. Sa mise en œuvre a été confiée à l’association Van Nina et Simon.es.
Écrit par : Benjamin Haure