L'Île-Rousse : L'acquisition foncière de Fornole ravive les tensions au conseil municipal
La promesse de vente unilatérale porte sur trois parcelles totalisant près de 30 000 mètres carrés, négociées au prix de 998 000 euros, soit moins de 35 euros le mètre carré. La municipalité porte sur ce site un projet d'aménagement global articulé autour de trois infrastructures complémentaires :
- Un parking paysager de 600 places : Conçu pour désengorger le centre-ville et accompagner le développement du secteur portuaire, cet espace intégrera une gestion des eaux pluviales et un cheminement végétalisé.
- Un théâtre de verdure de 4 000 places : Cet équipement a vocation à accueillir des événements d'envergure, des concerts et des manifestations culturelles, afin d'offrir un outil de rayonnement économique et culturel à la ville et à la Balagne.
- Une hélistation : Positionnée près des axes routiers principaux, elle sera dédiée aux interventions de secours et aux évacuations sanitaires.
Si l'opposition ne se dit pas fondamentalement contre la création d'un parking, c'est le montant de la transaction qui a mis le feu aux poudres. Pierre-François Bascoul a fustigé l'achat de ce terrain agricole pour près d'un million d'euros, rappelant que les estimations des Domaines l'évaluaient à un prix bien moindre, d'à peine 30 000 euros. « Comment pouvez-vous justifier cette différence de prix entre l'estimation des domaines et le prix d'achat que vous avez conclu avec la famille Dalmasso ? », a-t-il lancé.
L'opposition dénonce également les conditions de la promesse de vente imposées par les vendeurs. Le chef de file de Per L'Isula pointe du doigt des clauses jugées « choquantes » : une servitude garantissant un passage de 6 mètres pour les terrains avoisinants, le passage des réseaux (eau, électricité, égouts), et l'obligation pour la mairie de limiter la hauteur de ses futures constructions afin de ne pas gâcher la vue des parcelles restantes.
La majorité défend une acquisition stratégique
Face à ces attaques, Antoine Guerrini, président du Spic parking, est monté au créneau pour défendre l'opération. Il a justifié ce prix par la « potentialité commerciale » du terrain, destiné à devenir un parking payant, et a rappelé que de précédentes expropriations dans le secteur avaient atteint des montants bien supérieurs (jusqu'à 56 ou 80 euros le mètre carré). Il a également souligné que des subventions de la Collectivité de Corse (CDC) viendraient considérablement alléger la facture finale. Concernant les clauses décriées de la promesse de vente, il a rappelé qu'il s'agissait d'une négociation : les vendeurs, possédant des terrains attenants, ont imposé leurs conditions pour s'assurer que les aménagements publics ne détruisent pas la valeur de leurs biens.
L'ombre d'un nouveau recours
La question du financement a ensuite été abordée, le projet prévoyant une aide de la CDC à hauteur de 40 % pour les études (198 000 euros) et 40 % pour le foncier (environ 400 000 euros).
Cependant, une inconnue de taille subsiste : le dépôt d'un éventuel recours administratif par l'opposition. En 2025, un premier recours avait déjà conduit à la caducité d'une précédente opération et nécessité la mise en place d'une médiation pour sécuriser le projet actuel. Antoine Guerrini a averti qu'une nouvelle action en justice aurait « un effet bloquant » empêchant la commune de réaliser ses investissements.