Mercredi 24 juin 2026

Autonomie de la Corse : un premier vote à l'Assemblée Nationale

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Autonomie de la Corse : un premier vote historique à l'Assemblée, mais le plus dur reste à faire
L'Assemblée nationale a largement adopté, mardi, le projet de loi constitutionnelle ouvrant la voie à l'autonomie de la Corse, une première étape historique vivement saluée par le Conseil exécutif insulaire. Le texte sera présenté cet automne à un Sénat traditionnellement réticent.

L'Assemblée nationale a franchi mardi une étape inédite pour l'avenir institutionnel de l'île. Le projet de loi constitutionnelle sur l'autonomie de la Corse a été adopté à une large majorité au Palais Bourbon. Une avancée majeure saluée par l'Exécutif insulaire, bien que le parcours parlementaire qui s'annonce s'apparente encore à une course d'obstacles, notamment du côté du Sénat.

Un consensus transpartisan acté à Paris

Le principe est désormais gravé dans le marbre de l'Assemblée nationale : la Corse s'achemine vers un statut d'autonomie dans la Constitution. Ce vote favorable est qualifié de "première victoire" par le Conseil exécutif de Corse, qui estime que "la revendication légitime d'une autonomie en Corse l'a emporté".

L'institution insulaire "salue le vote des députés en faveur de l'autonomie de la Corse" et met en avant "le large consensus obtenu aujourd'hui". Cette adoption est perçue comme le "fruit d'un travail mené par les défenseurs de l'autonomie, les parlementaires impliqués, les maires et les différents élus, quel que soit leur appartenance politique". Pour l'exécutif, "cette première étape franchie, jamais atteinte dans l'histoire des institutions de la Corse" marque indéniablement "un tournant décisif sur le chemin vers l'autonomie".

L'épreuve du Sénat : le plus difficile commence

Si la satisfaction prédomine, la lucidité reste de mise. Le Conseil exécutif de Corse le souligne sans détour : "le premier match est gagné, deux autres rendez-vous tout aussi décisifs nous attendent à l'automne".

En effet, la révision constitutionnelle doit désormais être votée dans les mêmes termes par le Sénat, chambre traditionnellement plus conservatrice et méfiante à l'égard de la différenciation territoriale. Il faudra faire preuve de force de persuasion au Palais du Luxembourg. L'exécutif corse reconnaît qu'il "convient à présent de poursuivre le travail de pédagogie et de conviction auprès des sénateurs afin d'inscrire définitivement cette autonomie dans la Constitution, dans l'optique du Congrès". Ce fameux Congrès de Versailles nécessitera ensuite de réunir une majorité des trois cinquièmes pour sceller définitivement la réforme.

Vers une consultation populaire

Dans l'attente de ces échéances parisiennes, la bataille politique va se poursuivre sur le terrain insulaire. Les élus entendent capitaliser "sur ce vote favorable dès cet été". L'objectif est clair : aller "à la rencontre des Corses qui seront consultés par référendum à l'issue de ce chemin parlementaire".