Crise aux urgences de l'hôpital de Calvi : mobilisation générale pour sauver l'offre de soins en Balagne
Depuis plusieurs semaines, le centre hospitalier de Calvi est confronté à une pénurie de médecins. "Nous sommes en carence d'effectifs, trois médecins ne peuvent plus exercer", alerte Sébastien Dominici chef de service des urgences par intérim, soulignant que les soignants restants s'auto-remplacent depuis des mois et arrivent au bout de leurs capacités.
La situation est d'autant plus critique que les plannings de novembre et décembre sont menacés. Si rien n'est fait d'ici la fin de l'année, l'hôpital pourrait se retrouver sans aucun médecin aux urgences, de jour comme de nuit. Pour l'heure, l'établissement lui-même n'est pas menacé de fermeture, mais le service des urgences a un besoin vital de deux à trois praticiens pour compléter son tableau de garde.
Le risque d'un effet domino sur toute la Corse
L'une des plus grandes craintes du personnel est la fermeture des urgences durant la nuit. Une telle décision obligerait à transférer jusqu'à douze patients par nuit vers les centres hospitaliers de Bastia et Corté. Magali Colombani, infirmière, avertit que cela impacterait sévèrement toute la chaîne de soins et de secours. Les pompiers et les véhicules de secours et d'assistance aux victimes (VSAV) de la microrégion seraient mobilisés pour ces transferts vers Bastia, risquant de saturer un système déjà très fragile.
En effet, le problème dépasse largement les frontières de la Balagne et touche l'ensemble de l'île. À Bastia, il manque en moyenne trois lignes de garde par jour pour assurer un fonctionnement normal. Du côté de Corté, le service doit parfois fonctionner sans médecin urgentiste la nuit. Comme le soulignent les soignants, ce n'est pas seulement Calvi qui est en danger, mais toute la Corse qui souffre d'un profond manque d'attractivité, Alerte Sébastien Dominici.
Des réponses politiques et financières attendues d'urgence
Face à cette urgence absolue, le monde politique s'empare du dossier. À l'Assemblée de Corse, le groupe Fà populu inseme a déposé une motion pour exiger la mise en place d'un plan de financement d'urgence par l'Agence régionale de santé (ARS) et le ministère de la Santé. Cette motion réclame la création de dérogations et de mesures d'exonération pérennes, spécifiquement adaptées aux contraintes de l'île, afin de pouvoir fidéliser les compétences médicales dans les hôpitaux corses.
Après plus de deux heures de dialogue en visioconférence avec le directeur général du groupement hospitalier territorial ainsi qu'une responsable de l'ARS, il a été acté que des réponses concrètes seront apportées à la fin de la semaine prochaine. Entre temps deux nouvelles réunions se tiendront pour trouver des solutions. Le Président du conseil de surveillance, Ange Santini, s'est dit satisfait que le dialogue s'ouvre et appelle à la vigilance. De son côté le personnel médical se montre plus dubitatif face à ce qu'ils qualifient de réunionite.