L'Assemblea di i Zitelli place la sauvegarde de la langue corse au cœur des débats
Organisée conjointement par l'Assemblée de Corse, le Conseil exécutif et l'Académie de Corse, cette démarche éducative offre aux enfants un espace d'apprentissage civique unique en son genre. Depuis sa création en deux mille treize, plus de quatre mille élèves ont ainsi pu s'initier aux principes démocratiques. Pour ce dixième anniversaire, une centaine d'enfants a investi les bancs de l'institution, dont soixante-deux délégués juniors issus de huit classes réparties sur tout le territoire, allant de l'école élémentaire au collège. Tout au long de l'année scolaire, ces jeunes citoyens se sont préparés à cet exercice exigeant de la prise de parole en public, élaborant avec soin des questions orales destinées aux présidences de l'Assemblée et de l'Exécutif, ainsi que plusieurs motions.
Les thématiques abordées lors de cette journée d'échanges ont témoigné de la maturité et des préoccupations de la jeunesse corse. Les débats ont largement balayé des sujets allant de l'amélioration de la vie scolaire au bien-être, en passant par l'environnement, le sport, la culture et la place du citoyen dans le monde. Les enfants ont également été invités à se projeter dans l'avenir, esquissant leur vision de la Corse à l'horizon deux mille cinquante.
L'exigence d'un apprentissage obligatoire dès la maternelle
Au milieu de ces nombreuses propositions, une motion a particulièrement retenu l'attention. Fruit d'un travail collaboratif entre les élèves de cours moyen deuxième année de l'école Sandreschi de Corti et les sixièmes du collège Fesch d'Aiacciu, ce texte s'est attaqué à un enjeu crucial concernant l'apprentissage de la langue corse et de ses traditions dès le plus jeune âge. Alarmés par la diminution constante du nombre de locuteurs et conscients que le seul cadre familial ne suffit plus à garantir la pérennité de la langue, les jeunes élus ont plaidé pour un véritable changement de cap au sein du système éducatif.
Dans leur argumentaire, ils ont mis en exergue le fait que l'initiation aux langues étrangères, comme l'anglais, débute de plus en plus tôt, alors que l'enseignement du corse demeure souvent facultatif dans le premier degré. Afin d'inverser cette tendance, les élèves exigent que l'apprentissage de la langue devienne une obligation dès les trois premières années de l'école maternelle, une période jugée fondatrice où l'assimilation par le jeu, les histoires et la chanson s'avère la plus efficace. En complément, ils réclament l'instauration de journées de transmission immersive au sein des établissements scolaires. Pour ce faire, ils demandent aux institutions insulaires de soutenir et de financer l'intervention de professionnels extérieurs, tels que des artisans, des agriculteurs ou des artistes, chargés de partager leur savoir-faire directement en langue corse.
Comme le veut la tradition de ce grand rendez-vous démocratique, le texte lauréat ne restera pas une simple promesse de cour d'école. À l'issue des votes en séance plénière, la motion choisie par les enfants sera officiellement reprise par les élus de l'hémicycle. Elle sera ensuite soumise au suffrage formel des conseillers territoriaux lors de la toute prochaine session ordinaire de l'Assemblée de Corse, offrant ainsi aux propositions de cette jeunesse une traduction concrète dans la vie politique locale.