L’Europe se dote d’une stratégie pour les îles : la Corse salue une avancée historique
Cette stratégie, présentée par le vice-président de la Commission européenne chargé de la Cohésion et des Réformes, Rafaele Fitto, marque une étape inédite dans la reconnaissance des contraintes propres aux territoires insulaires. Pour la première fois, l’Union européenne se dote d’un cadre spécifique visant à mieux prendre en compte les réalités économiques, sociales et géographiques des quelque 20 millions de citoyens vivant sur les îles européennes.
Un combat porté de longue date par la Corse
La Collectivité de Corse a largement contribué à l’élaboration de ce document. Présidente de la Commission des îles de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes (CRPM) depuis 2025, Marie-Antoinette Maupertuis a multiplié les démarches auprès des instances européennes pour faire entendre la voix des territoires insulaires.
Membre du Comité européen des Régions depuis 2016, elle a notamment été rapporteure de plusieurs avis consacrés à l’insularité. Parmi les revendications portées figurent la reconnaissance des surcoûts liés à l’éloignement, l’adaptation des règles sur les aides d’État, la création d’une clause d’insularité dans les politiques européennes ou encore un soutien renforcé aux secteurs des transports, de l’énergie et de l’innovation.
Ces dernières années, la Corse a également plaidé pour que les spécificités insulaires soient pleinement intégrées au futur cadre financier pluriannuel de l’Union européenne pour la période 2028-2034.
Des avancées jugées encourageantes
La nouvelle stratégie européenne met notamment l’accent sur une meilleure prise en compte des îles dans les évaluations d’impact des politiques communautaires, le soutien à la transition énergétique, le renforcement de la coopération territoriale à travers les programmes Interreg et l’instauration d’un dialogue plus régulier entre Bruxelles et les territoires insulaires.
Pour la présidente de l’Assemblée de Corse, ces orientations rejoignent plusieurs propositions défendues depuis de nombreuses années par la Collectivité de Corse et les représentants des îles européennes.
De la reconnaissance aux mesures concrètes
Si la publication de cette stratégie constitue une avancée majeure, les responsables corses rappellent que l’essentiel reste à faire. La reconnaissance de l’insularité figure déjà dans les traités européens, notamment à travers l’article 174 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Toutefois, sa traduction dans les politiques publiques demeure encore limitée.
L’enjeu est désormais de transformer ce cadre stratégique en mesures opérationnelles, qu’il s’agisse du financement des infrastructures, de la compensation des surcoûts de transport ou encore de l’adaptation des politiques climatiques européennes aux réalités des îles.
« Il appartient désormais à la Commission européenne mais également aux États membres de transformer cette reconnaissance politique en mesures concrètes garantissant une véritable équité territoriale », souligne Marie-Antoinette Maupertuis.
La Corse entend poursuivre son action aux côtés des autres territoires insulaires européens afin que cette stratégie marque le début d’un changement durable dans la manière dont l’Union européenne conçoit ses politiques en faveur des îles. Une ambition qui, selon les élus corses, demeure essentielle pour l’avenir de l’île au sein de l’espace européen.