« Le sport m'a sauvée » : le témoignage fort d'Annabelle Pagano Paoli
télépaese. Un témoignage sincère sur la résilience, le dépassement de soi et la force du sport dans les moments les plus difficiles.
Dans la rubrique « À bout de souffle » de l'émission Tout Terrain Running, présentée par Alain Mazoyer, Annabelle Pagano Paoli a livré un témoignage particulièrement touchant. Derrière les défis sportifs, les Ironman, les longues distances et les exploits d'endurance, se cache une histoire personnelle marquée par des épreuves, mais aussi par une incroyable capacité à rebondir.
Aujourd'hui passionnée de triathlon, d'ultra-endurance et de défis hors normes, Annabelle n'était pourtant pas destinée à suivre ce chemin.
« Je me suis mise au sport il y a huit ans, un peu avant mes trente ans », explique-t-elle.
À l'époque, elle traverse une période particulièrement compliquée de sa vie. Mère très jeune, confrontée à des difficultés personnelles puis à la maladie, elle évoque sans détour un important passage à vide.
« J'ai eu un grand moment de dépression. J'avais besoin de renouveau. J'ai complètement changé de vie. »
C'est d'abord par la marche que tout commence.
Très tôt le matin, alors que sa fille dort encore, elle arpente les rues du village d'Afa.
« Je partais marcher à quatre heures et demie ou cinq heures du matin. Je trouvais quelque chose d'apaisant dans ces moments-là. »
De la marche à l'Ironman
Quelques semaines plus tard, elle participe à une course organisée dans le cadre de la lutte contre le cancer du sein. Une première expérience qui va bouleverser sa trajectoire.
Séduite par l'ambiance et l'esprit de la course à pied, elle décide rapidement de relever de nouveaux défis.
Après un premier semi-marathon, elle découvre l'univers de l'Ironman.
« Quand j'ai entendu parler de l'Ironman, je me suis dit : moi aussi je veux faire ça. »
Pour y parvenir, elle apprend même à nager et revend son Thermomix afin de financer l'achat de son premier vélo de triathlon.
L'aventure est lancée.
« Le sport m'a sauvée »
Au fil des années, le sport devient bien plus qu'une activité physique.
Pour Annabelle, il représente un véritable outil de reconstruction personnelle.
« Moi, j'ai pour habitude de dire, et je le dis en toute sincérité, que le sport m'a sauvée il y a huit ans. »
Au-delà des performances, elle insiste sur les rencontres, les amitiés et les nouvelles perspectives que cette pratique lui a offertes.
« Le sport m'a permis d'être une autre femme, une autre mère. Quand on est bien dans sa tête et dans son corps, on est mieux avec les autres. »
Une grave blessure et une nouvelle bataille
Mais le parcours n'a pas été linéaire.
Ces derniers mois, Annabelle a dû faire face à une lourde blessure : rupture du ligament croisé antérieur, déchirure du ménisque, opération puis longue rééducation.
« C'est ma première vraie grosse blessure. »
Une épreuve difficile pour une sportive habituée à repousser ses limites.
Elle évoque des complications post-opératoires, une rééducation intensive et des moments de doute.
« J'ai beaucoup pleuré. Je me suis beaucoup remise en question. »
Pourtant, fidèle à son tempérament, elle a choisi de transformer cette période en nouvel objectif.
« Je prends la rééducation comme une préparation à une course. »
Une philosophie qui lui permet de continuer à avancer malgré les difficultés.
Traverser la Manche à la nage
Parmi les nombreux défis relevés, un souvenir reste gravé au-dessus des autres : la traversée de la Manche à la nage dans le cadre de l'Enduroman.
« Je pense que ça a été ma plus grande satisfaction personnelle. »
Une aventure hors norme qui l'a poussée dans ses retranchements, physiquement comme mentalement.
Mais au-delà des records ou des performances, c'est surtout l'émotion qui demeure.
« Je souhaite à tout le monde de vivre ce genre d'émotion, de s'accrocher à quelque chose et de réussir. »
Un message d'espoir
À ceux qui traversent une période difficile, qu'il s'agisse d'une dépression, d'une blessure ou simplement d'un manque de confiance en eux, Annabelle adresse un message simple.
« Il ne faut pas se comparer aux autres. Il faut avancer à son rythme. »
Selon elle, chaque progrès compte, même minime.
« Si aujourd'hui vous marchez dix minutes et que demain vous marchez dix minutes trente, c'est déjà incroyable. »
Un message de persévérance qui résume parfaitement son parcours : celui d'une femme qui a trouvé dans le sport un moyen de se reconstruire, de se dépasser et de continuer à avancer malgré les obstacles.