Duralex de nouveau dans la tourmente
L'annonce a fait l'effet d'une douche froide pour les défenseurs du "Made in France" et de l'économie sociale et solidaire. Ce lundi 1er juin, la verrerie Duralex a dû être placée en redressement judiciaire à la suite de fortes tensions de trésorerie. Pourtant, en juillet 2024, l'entreprise avait suscité un immense élan d'espoir en étant reprise par ses propres salariés sous le statut de Société coopérative et participative (Scop). À l'époque, l'engouement avait même permis de lever des fonds importants, notamment grâce à des citoyens ayant participé à hauteur de 7 millions d'euros.
Malgré ce coup dur, la Confédération générale des Scop et des Scic se veut rassurante. La CG Scop a en effet déclaré que ce placement en redressement judiciaire constitue avant tout "une étape de protection de l'entreprise". Elle affirme fermement que les difficultés actuelles ne s'expliquent pas par le statut coopératif et qu'il "existe un chemin permettant à la Scop de faire face à la crise qui la menace", afin de sécuriser ses employés et d'honorer ses engagements.
Un décalage dans la gouvernance
Comment l'entreprise en est-elle arrivée là ? La CG Scop, qui a accompagné financièrement la verrerie et aidé à structurer sa gouvernance, s'arroge un devoir de conseil, bien qu'elle rappelle s'interdire toute ingérence dans la gestion des entreprises de son réseau. L'organisation a ainsi constaté un "écart entre ses préconisations et la manière dont la transition coopérative s'est opérée" au sein de Duralex. Parmi les causes de cette nouvelle crise, la CG Scop pointe du doigt une "sous-capitalisation initiale", un "pilotage financier" inadapté, ainsi qu'un "contexte international instable".
Dès le changement de direction, la CG Scop, solidaire de l'entreprise, avait d'ailleurs été alertée par la gouvernance. Elle avait alors transmis ses recommandations à la direction de Duralex ainsi qu'à la Mission interministérielle aux restructurations d'entreprises (MIRE), avant de dépêcher une équipe d'experts sur place.
Le modèle coopératif en débat
Le sort de Duralex dépasse largement les frontières du Centre-Val de Loire, où réside l'usine historique, et soulève des questions nationales sur la solidité de la gestion en Scop. Ce mardi 2 juin, la situation de la verrerie a largement animé les plateaux de télévision et de radio.
Sur LCP, dans l'émission "Chaque voix compte", Cyril Zorman, président de la CG Scop, a défendu la viabilité du modèle coopératif face à Maxime Quijoux, sociologue au CNRS, et Michel Castellani, député LIOT de Haute-Corse.
Parallèlement, sur France Inter, dans l'émission "L'invité du 13/14", Fatima Bellaredj, déléguée générale de la CG Scop, et François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire, ont également réaffirmé l'importance d'un soutien institutionnel pour protéger ce fleuron national.
Aujourd'hui, de concert avec les services de l'État, la CG Scop poursuit le travail pour avancer sur cette voie. L'essentiel reste de trouver une issue favorable pour "la sauvegarde des emplois et d'un savoir-faire industriel français reconnu".