Vendredi 3 avril 2026

Économie : la Corse résiste mieux que ses voisines méditerranéennes

Image
Insee
Une récente étude de l'Insee compare l'économie de la Corse à celles de quatre autres îles de Méditerranée. Si notre région affiche le taux de chômage le plus bas et le deuxième PIB par habitant, elle le doit en grande partie au poids de son administration publique, un atout qui s'est révélé crucial pendant la crise du Covid-19.

Où se situe la Corse par rapport à ses grandes voisines méditerranéennes que sont les Baléares, la Sardaigne, la Sicile et la Crète? En termes de richesse produite, notre île fait plutôt figure de bonne élève. Avec un PIB par habitant de 29 500 SPA (Standard de pouvoir d'achat) en 2022, la Corse monte sur la deuxième marche du podium, seulement devancée par l'archipel espagnol des Baléares (34 300 SPA). Ce bon positionnement s'appuie sur une dynamique de l'emploi favorable : l'île enregistre un taux de chômage de 6,2 %, le niveau le plus faible de cet ensemble insulaire.

Le poids des services publics face au tout-tourisme

Mais derrière ces chiffres se cache une structure économique singulière. Là où la Crète ou les Baléares carburent aux activités touristiques et marchandes , le véritable moteur de la création de richesse en Corse reste le tertiaire non marchand. L'administration, l'enseignement, la santé et l'action sociale concentrent à eux seuls 32 % de la valeur ajoutée régionale. Le secteur de la construction vient compléter ce tableau, représentant 9 % de l'économie locale, dopé par la croissance démographique et les besoins en résidences secondaires.

Un puissant bouclier anti-crise

Cette dépendance à la sphère publique, souvent pointée du doigt, s'est transformée en véritable gilet de sauvetage lors de la crise sanitaire de 2020. Quand les Baléares et la Crète voyaient leur économie s'effondrer de respectivement 22,4 % et 14,8 % sous l'effet de l'arrêt brutal du tourisme mondial , le recul en Corse a été contenu à -4,5 %. Un "miracle" qui s'explique par les dispositifs massifs de soutien de l'État et par cette fameuse économie "présentielle", très tournée vers les besoins de la population résidente et moins exposée aux chocs extérieurs.

Toutefois, l'Insee souligne une ombre au tableau : la croissance de la richesse insulaire marque le pas. Si la Corse affichait la plus forte progression de la zone entre 2002 et 2012, son rythme a décéléré au cours de la dernière décennie, la plaçant désormais derrière le dynamisme de l'Union européenne.