Économie : La filière bois en Corse, un potentiel forestier sous-exploité selon l'Insee
Avec 69 % de son territoire couvert par la forêt, la Corse se positionne comme la région la plus boisée de France hexagonale. Malgré cette richesse naturelle, une récente étude de l'Insee révèle que le poids économique de la filière bois demeure modeste au regard de son potentiel. Le secteur s'articule aujourd'hui autour de 437 établissements qui en constituent le cœur. L'activité s'appuie majoritairement sur la menuiserie et se caractérise par une forte proportion de très petites structures, 83 % des établissements du secteur n'employant aucun salarié. Dans le détail, la filière se divise entre la sylviculture et l'exploitation forestière, qui comptent 201 établissements, et le travail du bois en deuxième transformation, regroupant 236 établissements.
Au niveau territorial, les données de l'Insee soulignent que la zone d'emploi de Corte se démarque nettement et constitue le secteur où la filière est la plus visible. La part des salariés de la filière bois y atteint 1,8 %, contre seulement 0,4 % pour l'ensemble de la Corse. Cette zone insulaire spécifique regroupe 28 établissements employeurs qui font travailler 45 salariés.
L'étude de l'Institut national de la statistique met également en lumière plusieurs caractéristiques du marché de l'emploi au sein de la filière bois corse :
- La rémunération y est plus faible que la moyenne régionale, avec un salaire horaire net moyen de 13,8 €, contre 14,6 € pour l'ensemble de l'économie corse.
- Ce décalage salarial s'explique par un plus faible niveau de qualification, les ouvriers non qualifiés représentant 36 % des effectifs de la filière, face à une moyenne de 24 % dans l'ensemble de l'économie régionale.
- Les travailleurs du secteur sont plus jeunes, 30 % des salariés ayant moins de 30 ans, alors que cette tranche d'âge ne représente que 21 % de l'ensemble des travailleurs insulaires.
- Malgré ces niveaux de salaires, les emplois restent très stables, le recours au contrat à durée indéterminée (CDI) atteignant 79 %, et le temps complet concernant 91 % des salariés.
Pour assurer la pérennité de cette filière à l'avenir, la publication de l'Insee conclut que la transmission des entreprises représente aujourd'hui un enjeu majeur pour les acteurs de la région.