Feux de forêt : quelles sont les principales causes des incendies ?
Si la foudre constitue la principale cause naturelle des incendies de forêt, l'activité humaine reste responsable de la majorité des départs de feu avec 9 incendies sur 10 d'origine humaine.
Des incendies qui peuvent se déclarer plusieurs jours après l'impact
La foudre constitue la principale cause naturelle des incendies de forêt en France. Si elle est à l'origine d'une minorité des départs de feu, elle peut provoquer des incendies particulièrement difficiles à détecter et à combattre. Selon l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS), la France enregistre chaque année près de deux millions de coups de foudre. Ces impacts seraient responsables d'environ 20 000 sinistres, dont près de 15 000 incendies, tous types confondus.
Contrairement aux idées reçues, un impact de foudre ne provoque pas toujours un incendie visible immédiatement. Lorsque la décharge frappe un arbre, la chaleur dégagée peut enflammer lentement son intérieur ou la litière forestière. Ce phénomène, appelé « foudre latente », se développe avec très peu d'oxygène, ce qui entraîne une combustion extrêmement lente.
Le foyer peut ainsi couver durant plusieurs heures, voire plusieurs jours, avant d'apparaître en surface et de se transformer en véritable incendie. C'est précisément ce qui rend ces départs de feu particulièrement contraignants pour les services de secours.
Par ailleurs, ces incendies surviennent souvent dans des secteurs difficiles d'accès, notamment en montagne ou dans des zones isolées, ce qui complique leur détection et leur intervention.
Ces conditions compliquent considérablement les opérations de reconnaissance et d'extinction. Les secours doivent parfois recourir aux drones, à des reconnaissances aériennes ou à l'héliportage de personnels spécialisés afin de localiser précisément les foyers.
Une cause naturelle... mais minoritaire
Si la foudre est la première cause naturelle des incendies de forêt dans le monde, elle reste largement minoritaire en France.
90 % des départs de feu sont d'origine humaine, la plupart sont liés à des imprudences ou à des activités du quotidien : mégots de cigarette jetés au sol, brûlage de végétaux, barbecues, feux de camp, travaux produisant des étincelles, activités agricoles ou encore incidents sur des réseaux électriques.
Parmi les incendies d'origine humaine, certains sont provoqués volontairement par des actes de malveillance.
Selon l'Observatoire des forêts françaises, les causes des incendies d'origine humaine se répartissent en plusieurs catégories. « Environ 15 % des départs de feu sont liés à des causes accidentelles, notamment aux infrastructures de transport comme les lignes électriques, les voies ferrées ou les véhicules. Près de 35 % sont dus à des travaux, comme le brûlage de végétaux, les activités agricoles, industrielles ou encore les travaux publics. Les activités des particuliers représentent environ 15 % des départs, avec notamment les barbecues, les mégots de cigarette, les feux d'artifice ou encore le déversement de cendres. Enfin, environ 25 % des incendies sont liés à des actes intentionnels de malveillance. »
Un risque renforcé par la sécheresse
Dans un contexte où l'île est actuellement en vigilance sécheresse, les conditions météorologiques favorisent l'assèchement de la végétation et augmentent le risque de propagation des feux. Les épisodes de sécheresse et les canicules favorisent fortement le développement des incendies. Avec des sols et une végétation de plus en plus secs, le moindre départ de feu peut rapidement prendre de l'ampleur.
La population est appelée à la plus grande vigilance, dans un contexte où la végétation reste particulièrement sèche et inflammable :
- respecter strictement l’interdiction d’emploi du feu,
- ne pas jeter de mégots,
- limiter les activités à risque en pleine nature,
- respecter la fermeture des massifs lors de période de risques
- signaler tout départ de feu en appelant le 18 ou le 112.
Interdictions en vigueur
L’emploi du feu est strictement interdit à toute personne du 15 juin au 30 septembre. Elle concerne aussi bien les écobuages que les barbecues en pleine nature, les feux de camp ainsi que le jet de mégots.
Ceux qui ne respectent pas ces règles s’exposent à des sanctions sévères : amendes pouvant atteindre 100 000 €, ainsi que des peines d’emprisonnement, selon les dispositions du Code pénal. La réglementation prévoit des sanctions aussi bien pour les feux volontaires que pour ceux déclenchés par négligence.
La prévention et le respect des règles sont indispensables pour protéger l’île et éviter de nouveaux sinistres.