Guerre au Moyen-Orient : une association corse dénonce l’escalade et s’inquiète pour l’aide humanitaire destinée au Liban
Dans un communiqué, des membres d’une chaîne de solidarité impliquée dans l’envoi d’aide médicale vers le Liban dénoncent l’escalade militaire actuelle au Moyen-Orient et ses conséquences directes sur les populations civiles… mais aussi sur les actions humanitaires engagées depuis la Corse.
Selon eux, malgré « le génocide toujours en cours dans la bande de Gaza » et la poursuite de la colonisation en Cisjordanie, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et l’ancien président américain Donald Trump auraient choisi « d’agresser à nouveau l’Iran », qualifiant cette opération de « guerre préventive ». Les auteurs du texte affirment ne pas soutenir le régime iranien ni son guide suprême Ali Khamenei, mais estiment que l’intervention militaire ne peut constituer une solution.
Le communiqué critique également ce qu’il décrit comme une instrumentalisation des contestations internes en Iran à des fins géopolitiques. « Les bombes ne libèrent pas les peuples », affirment-ils, rappelant que plusieurs interventions militaires étrangères ont, selon eux, aggravé les crises plutôt que de les résoudre.
Les auteurs dénoncent aussi une violation du droit international, menée selon eux « sans mandat de l’ONU », et redoutent l’extension du conflit à d’autres pays de la région. Le Liban serait désormais pris dans cette spirale de violence. Le sud et l’est du pays ainsi que la capitale Beyrouth auraient été bombardés par l’armée israélienne, provoquant de nombreux déplacés et des victimes civiles.
Une aide médicale corse bloquée à Beyrouth
Cette situation a également des conséquences concrètes sur une opération de solidarité lancée depuis plusieurs mois. Après les explosions qui avaient ravagé le port de Beyrouth lors de l’Explosion du port de Beyrouth de 2020, le médecin urologue ajaccien d’origine libanaise Marwan Sandid avait proposé la mise en place d’une action de soutien au système de santé libanais.
Depuis, un réseau de solidarité s’est constitué entre la Corse, la région parisienne, Marseille et le Liban. Le 28 janvier dernier, 60 m³ de matériel médical et de médicaments ont été acheminés depuis Ajaccio jusqu’à Marseille, puis placés dans un conteneur à destination du Liban. Celui-ci est arrivé au port de Beyrouth le 13 février.
Le matériel devait être réparti entre l’hôpital public turc de Saïda, dans le sud du Liban, et un dispensaire destiné aux réfugiés palestiniens dans le nord du pays. Mais les récents bombardements ont rendu impossible la récupération de cette cargaison, qui reste actuellement bloquée au port de Beyrouth. La ville de Saïda, où se trouve l’un des établissements bénéficiaires, a également été touchée par les frappes.
Une délégation devait se rendre prochainement au Liban afin de poursuivre cette coopération humanitaire, mais le déplacement est pour l’instant suspendu en raison de la situation sécuritaire.
Un appel à la paix
Dans leur communiqué, les signataires dénoncent une « folie meurtrière » et appellent à une mobilisation internationale pour mettre fin au conflit. Ils saluent la position du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, qui s’est exprimé contre la guerre.
Ils demandent enfin à la France et à l’Europe de s’engager davantage pour favoriser une désescalade et créer les conditions d’une paix durable dans la région, estimant que « la complicité est meurtrière lorsqu’elle s’appuie sur le mensonge et la manipulation ».