Samedi 10 octobre 2026

Core in Fronte dénonce la dépossession foncière aux Terrasses de Lozari

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Core in Fronte dénonce la dépossession foncière aux Terrasses de Lozari
Ce samedi 10 octobre, le parti indépendantiste Core in Fronte a tenu une conférence de presse sur le site des "Terrasses de Lozari". En cause : la volonté d'une copropriété de délocaliser ses assemblées générales à Paris. Un "symbole" d'un mal plus profond pour les militants nationalistes, qui réclament l'instauration urgente d'un statut de résident.

Samedi matin, à 11 heures, des militants de Core in Fronte se sont rassemblés devant la résidence Les Terrasses de Lozari pour une conférence de presse aux allures de coup de poing symbolique.

Le déclencheur de cette mobilisation ? L'ordre du jour d'un AG de copropriété, demandant que la résidence, "principalement composée de résidences secondaires" avec "de nombreux copropriétaires ne résident pas en Corse durant une grande partie de l'année",  organise les prochaines assemblées générales à Paris.

Une dépossession foncière

Pour Batti Lucciardi, membre de Core in Fronte présent sur place, cette délocalisation administrative n'est que la partie émergée de l'iceberg. "C'est un symbole, un épiphénomène sur le principe, c'est juste une résolution, mais ça concerne pleinement une situation que connaissent les Corses aujourd'hui : la difficulté de se loger, la spéculation immobilière et la dépossession foncière", fustige-t-il.

Le militant indépendantiste dénonce ce qu'il qualifie de "colonisation de peuplement". Le constat dressé par le parti est amer : dans une résidence d'une centaine de logements comme celle de Lozari, la quasi-totalité n'appartient pas à des insulaires. "On ne peut pas avoir des gens qui achètent des appartements dans une copropriété en Corse et qui se comportent avec des codes qui sont les leurs, en faisant abstraction totale de la situation que connaît la Corse", prévient Batti Lucciardi, martelant que les Corses n'ont pas vocation "à devenir des Indiens sur leur propre terre".

Félix Benedetti, pointe du doigt le phénomène des boîtes à clés. "On est sur un cas d'école, sur un système d'économie qui ne nous profite pas du tout", analyse-t-il.

Les conséquences sociales sont directes et dramatiques pour la population locale. La hausse constante du prix de la construction, couplée à la rentabilité exponentielle des locations touristiques de type Airbnb, empêche la jeunesse insulaire de se loger à l'année. Félix Benedetti dénonce un système de "dérégulation touristique" qui échappe à la Corse, dominé par des propriétaires extérieurs et une optimisation fiscale qui assèche l'économie réelle de l'île. "On capte juste notre richesse", déplore-t-il.

Le statut de résident : une urgence politique

Face à ce qu'ils considèrent comme une impasse, les deux responsables de Core in Fronte rappellent la revendication historique du mouvement national : le statut de résident. Voté par l'Assemblée de Corse en 2014, ce dispositif peine à voir le jour juridiquement face aux blocages constitutionnels parisiens.

Alors que les débats sur l'autonomie de la Corse sont actuellement sur la table des discussions gouvernementales et parlementaires, le message de Core in Fronte se veut clair : toute évolution institutionnelle sera vaine si elle ne permet pas de réguler le marché immobilier foncier. "S'il n'y a pas d'évolution, on ne peut pas se laisser faire comme ça", conclut Félix Benedetti, appelant à une mobilisation collective pour que le peuple corse reprenne "son droit sur sa terre, avec un tourisme maîtrisé".