Vendredi 14 août 2026

Entente entre l'Isula-Balagna et les professionnels sur hausse de la redevance sur les déchets

Image
Entente entre l'Isula-Balagna et les professionnels sur hausse de la redevance sur les déchets
Face à des hausses spectaculaires de la redevance spéciale sur les déchets, les socio-professionnels d'Île-Rousse ont fait entendre leur voix. Des erreurs de calcul ont été reconnues par l'intercommunalité, qui promet des rectifications et annonce un gel du tarif pour 2026.

La gestion des déchets non ménagers (ceux produits par les commerces, artisans et entreprises) est financée par une taxe spécifique : la redevance spéciale. À L'Île-Rousse, en Balagne, le montant de cette dernière a récemment provoqué une vive contestation chez les restaurateurs et les commerçants. Anaïs, restauratrice dans la vieille ville, dénonce une situation devenue intenable sur le plan financier : « Sur les trois dernières années, on a augmenté à chaque fois de 40 % ». Une explosion des coûts d'autant plus difficile à absorber que, comme elle le rappelle, « ce coût ne peut pas être toujours répercuté sur le prix de vente ».

Le cœur du problème réside dans les bases de calcul de l'intercommunalité. « Le nombre de parts attribuées n'est pas le bon », souligne la restauratrice, prenant l'exemple de son établissement pour lequel on lui facture l'équivalent de 30 000 repas annuels, un chiffre très éloigné de la réalité de son activité.

Alertée par les socio-professionnels, la sphère politique locale est intervenue. Un élu municipal de L'Île-Rousse a adressé des courriers à Angèle Bastiani, maire de la commune, et à Lionel Mortini, président de la communauté de communes de L'Île-Rousse-Balagne, pointant une hausse « disproportionnée » de la taxe. La démarche a porté ses fruits. À l'issue d'une récente réunion, l'élu s'est dit « très satisfait des réponses » apportées par le président de l'intercommunalité. L'objectif partagé est désormais de corriger ces erreurs d'attribution pour aboutir à un « prix juste ».

Une réévalution pour 2026 et une concertation à venir

Pour apaiser les tensions et pallier le manque de concertation (reconnu par les élus lors des décisions de l'an dernier), la redevance 2026 a été gelée. De plus, des réunions de travail se tiendront de septembre à décembre pour préparer sereinement le vote de la redevance de 2027.

Pour la collectivité, l'enjeu est de trouver un équilibre budgétaire global. La volonté affichée est de répartir la charge du traitement des déchets de manière équitable : 60 à 65 % pour les ménages via la taxe d'enlèvement des ordures ménagères et 35 à 40 % pour les quelque 2 000 usagers socio-professionnels du territoire.

Le défi global de la propreté urbaine

Au-delà de la seule question tarifaire, c'est l'organisation même de la propreté urbaine qui est en débat. Si l'intercommunalité demande aux professionnels, notamment aux restaurateurs, de faire des efforts supplémentaires sur le tri des biodéchets, les commerçants pointent de leur côté le manque de civisme généralisé.

Anaïs déplore le comportement de certains locaux et touristes : « Ça mange un sandwich, ça laisse le papier sur place, ça jette dans les rues ». Une situation qui contraint bien souvent les professionnels à nettoyer eux-mêmes les devantures, et pour laquelle elle souhaiterait que les autorités disposent de plus de « pouvoir coercitif » afin de sanctionner les pollueurs.