Japon : un puissant séisme frappe le sud de l'archipel, les secours à pied d'œuvre
L'archipel nippon est de nouveau rattrapé par sa redoutable géologie. Frappant à très faible profondeur, le tremblement de terre a libéré une énergie ressentie à son niveau maximal sur l'échelle sismique japonaise. Sur l'île de Kyushu, le paysage porte déjà les stigmates de la catastrophe : des habitations se sont affaissées comme des châteaux de cartes, des ponts sont éventrés et plusieurs incendies se sont déclarés dans le sillage de la secousse.
Face à l'urgence, la paralysie des infrastructures est presque totale. L'intégralité du trafic ferroviaire a été gelée par mesure de sécurité, tandis que 45 000 foyers se retrouvaient brusquement plongés dans le noir, coupés du réseau électrique.
L'angoisse sous les décombres d'un centre commercial
Mardi soir, le bilan humain, tragiquement provisoire, faisait état d'un mort une victime piégée par l'effondrement de sa maison et de plus de 80 blessés affluant vers les urgences locales. Mais la véritable inquiétude des autorités se concentre sur les opérations de déblaiement.
Les sauveteurs cherchent désespérément à localiser plusieurs dizaines de personnes manquant à l'appel. L'attention se focalise notamment sur un centre commercial partiellement effondré où 20 à 30 employés ne donnent plus aucun signe de vie, ainsi que sur une usine à papier gravement touchée par les vibrations.
Frayeur côtière et exode préventif
Dans les minutes qui ont suivi le choc, les sirènes d'alerte au tsunami ont retenti sur le littoral. Une angoisse supplémentaire finalement balayée moins de deux heures plus tard, la mer n'ayant pas bougé. Le répit n'est pourtant que de courte durée. Craignant des répliques souvent destructrices après un événement de cette ampleur, les autorités ont intimé l'ordre (ou la forte recommandation) d'évacuer à plus de 350 000 résidents des préfectures de Kumamoto et de Nagasaki.
L'armée déployée en masse
Pour faire face à cette crise, la réponse de l'État s'organise massivement. Pas moins de 3 600 militaires, appuyés par un ballet d'une vingtaine d'aéronefs, quadrillent le terrain pour prêter main-forte aux pompiers et cartographier les destructions d'en haut. Seule note rassurante dans ce chaos : les inspections d'urgence menées dans les centrales nucléaires voisines n'ont révélé aucune anomalie.
Solidement arrimé sur la « ceinture de feu » du Pacifique, le Japon a l'habitude de trembler. Mais à Kumamoto, ce drame rouvre des plaies encore à vif. Dans toutes les mémoires, le spectre du séisme ravageur de 2016, qui avait coûté la vie à 277 personnes, vient tragiquement rappeler l'extrême vulnérabilité du pays face aux colères de la terre.
Image : Le séisme de magnitude 7,1 a qui a frappé le Japon ce mardi 28 juillet a atteint le niveau maximum sur l'échelle distincte nippone qui mesure la force des séismes. ©Kyodo/MAXPPP (Trouvé sur Le Parisien)