Vendredi 5 juin 2026

Patrimoine : “I Scontri di u Patrimoniu corsu” mettent en lumière la Corse médiévale

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Le Fort Charlet de Calvi
Le Fort Charlet de Calvi a accueilli la première édition de « I Scontri di u Patrimoniu corsu », une rencontre consacrée à la recherche et à la valorisation du patrimoine de l’île.

Pour Sarah Le Berre Albertini, directrice du Centre de conservation-restauration du patrimoine mobilier de Corse, cette initiative répond à une volonté de créer un véritable rendez-vous annuel permettant de rapprocher le grand public et les spécialistes du patrimoine.

Archéologues, historiens de l’art, restaurateurs et médiateurs culturels ont ainsi partagé leurs travaux et leurs découvertes autour d’une passion commune : mieux comprendre et transmettre l’histoire de la Corse.

Cette première édition était principalement consacrée au patrimoine médiéval corse, une période encore largement méconnue. En Corse, les traces de cette époque reposent surtout sur les vestiges archéologiques : fortifications, édifices religieux ou encore retables peints conservés dans certaines églises de l’île.

Parmi les interventions marquantes figurait celle de Maria Elena Aureli, doctorante à l’Università di Corsica, qui s’intéresse aux liens entre la Corse et les grands espaces méditerranéens durant le Haut Moyen Âge.

Selon ses recherches, l’image d’une Corse isolée et coupée du monde méditerranéen mérite d’être nuancée. Malgré une période longtemps considérée comme obscure, l’île aurait conservé des relations avec la péninsule italienne, notamment les régions toscane et ligurienne, ainsi qu’avec la papauté.

La chercheuse souligne également que plusieurs idées largement répandues restent encore à confirmer, notamment concernant la période byzantine ou la supposée occupation sarrasine de l’île, peu documentée à ce jour par les sources historiques et archéologiques.

À travers « I Scontri di u Patrimoniu corsu », les organisateurs souhaitent ainsi encourager le dialogue entre recherche scientifique et transmission culturelle, afin de mieux faire connaître un patrimoine parfois discret mais essentiel à la compréhension de l’histoire corse.

Mathéo Oliva