Solidarité : l'association corse Per a Pace au côté des exilés kurdes en Grèce
C'est sur les routes de l'exil que la délégation de Per a Pace a posé ses valises ce week-end. Face à des populations kurdes pourchassées et contraintes de fuir leurs terres de Turquie ou de Syrie, l'association a tenu à réaffirmer son engagement pour le respect des droits humains. Sur place, dans le camp de Lavrio, les militants insulaires ont découvert une réalité amère : le site est aujourd'hui livré à lui-même, délaissé par le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) et la communauté internationale.
Pourtant, loin de la résignation, c'est la richesse culturelle et l'intelligence collective des exilés qui ont marqué les esprits corses. Le camp fonctionne aujourd'hui comme une véritable commune, illustrant un concept cher aux courants progressistes kurdes : le confédéralisme démocratique.
L'émancipation féminine au cœur du projet politique
Dans ce microcosme autogéré, des notions telles que l'autonomie et la démocratie directe prennent tout leur sens. Chaque voix compte, et chacun contribue à la vie de la communauté à la hauteur de son histoire et de ses compétences. Ce modèle social repose également sur un pilier fondamental : la place des femmes.
« L’émancipation des femmes engendre une société libérée, a témoigné l'une des réfugiées lors des longs échanges avec la délégation corse. Les femmes qui ont tant souffert du système se reconstruisent et reconstruisent la société, car elles constituent l’essence même de la vie. » Un modèle d'égalité où hommes et femmes aspirent à bâtir conjointement leurs conditions de vie, dans le respect mutuel.
Un appel à la communauté internationale
Face à la dignité de ces exilés, Per a Pace a tenu à lancer un message d'alerte, appelant la France, l'Europe et la communauté internationale à s'engager plus fermement pour garantir aux Kurdes le droit de vivre dignement sur leurs territoires. « Les peuples, comme les citoyens, ont besoin de coopération et pas de confrontations », rappelle l'association.
Malgré les épreuves, l'espoir d'un retour reste vif chez les réfugiés de Lavrio. « Un jour, lorsque le Kurdistan sera libéré, nous serions ravis de vous y accueillir pour vous faire découvrir le pays », ont-ils confié aux membres de Per a Pace, promettant d'ouvrir leurs portes avec respect à tous les « amis des Kurdes ». Un souhait d'avenir résumé en une phrase résonnant dans le camp : « J'espère que nous nous reverrons bientôt dans un monde libre et démocratique. »
Un projet soutenu par les acteurs insulaires
Cette mission de solidarité internationale n'aurait pu voir le jour sans la mobilisation de nombreux partenaires. L'association Per a Pace a tenu à remercier l'ensemble des donateurs privés, ainsi que les structures ayant apporté leur soutien logistique et financier : la CCAS - Comité d'entreprise EDF, les Locations Leclerc, la compagnie Corsica Ferries, ainsi que la Collectivité de Corse.