Munticellu : L’histoire tourmentée des autonomistes de l’entre-deux-guerres
C’est un chapitre souvent méconnu et pourtant fondamental du XXe siècle corse qui sera ouvert ce samedi à Munticellu. L'historien Jean-Pierre Poli, auteur de l’ouvrage : Autonomistes Corses et irrédentisme fasciste, viendra partager ses recherches sur le mouvement autonomiste durant l'entre-deux-guerres (1920-1939).
Un idéal culturel rattrapé par la politique
La conférence reviendra sur l’épopée du journal A Muvra, fondé en 1920 par Petru Rocca. Pendant deux décennies, ce courant a porté l’ambition d’une Corse reconnue comme une véritable nation, forte de sa langue et de son histoire, bien au-delà du simple statut de département français. Si cette période fut marquée par un foisonnement culturel sans précédent, avec la publication de nombreux ouvrages en langue corse, elle fut aussi celle d’un dilemme fatal. Pour défendre l'identité insulaire, ces militants ont prôné un rapprochement culturel avec l'Italie. Une stratégie qui les a irrémédiablement discrédités auprès de l'opinion publique lorsque Benito Mussolini a affiché ses ambitions d'annexion de l'île en 1938. C'est ce récit nuancé d'une "histoire tourmentée" que Jean-Pierre Poli se propose de décrypter.
Avortica conserve la mémoire de Munticellu
À l'initiative de ce rendez-vous, on retrouve l'association Avortica (Association d'Études Historiques et Généalogiques de Munticellu). Créée en 1999, cette structure est devenue un pilier incontournable de la préservation du patrimoine en Balagne.
Le travail d'Avortica ne s'arrête pas à l'organisation de conférences. L'association est notamment connue pour :
- La généalogie : Elle gère une base de données de plus de 170 000 noms, couvrant Munticellu et les 35 autres villages de Balagne de 1450 à nos jours.
- La recherche historique : Elle publie régulièrement des ouvrages sur l’histoire des villages et de la Corse (comme les « Vingt chapitres de l'Histoire de Munticellu ») et enrichit ses archives pour faire de son site un outil de mémoire.
- La vie culturelle : Avec plusieurs conférences annuelles, Avortica maintient un lien vivant entre les habitants et leur passé, tout en assurant des permanences pour aider les particuliers dans leurs recherches.