Jeudi 16 avril 2026

Naissances en Corse : l’île au dernier rang national

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Insee
L'Insee vient de publier son analyse annuelle sur la démographie insulaire. Le constat est sans appel : l’année 2025 marque un tournant historique avec un effondrement du nombre de naissances, plaçant la Corse au dernier rang des régions de France métropolitaine pour la fécondité.

C’est un paradoxe corse de plus en plus marqué. Si l’île continue de gagner des habitants, ses berceaux, eux, se vident à une vitesse préoccupante. Selon le dernier rapport de l’Insee , seuls 2 300 bébés sont nés dans l’île en 2025. Il faut remonter à 1976 pour trouver un chiffre aussi bas, alors même que la population était d’un tiers inférieure à cette époque.

Un record de faible fécondité

L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) s’établit désormais à 1,12 enfant par femme. C’est le niveau le plus faible enregistré dans l’île depuis 1975, mais c'est surtout le chiffre le plus bas de toute la France métropolitaine, bien loin de la moyenne nationale qui culmine à 1,56.

Cette chute, qui s'inscrit dans une tendance européenne , s’est accélérée brutalement en 2025 avec une baisse des naissances de 7,1 % sur un an, soit un rythme trois fois plus soutenu que sur le reste du territoire national. L’Insee pointe plusieurs facteurs pour expliquer ce report de parentalité : des incertitudes économiques persistantes et des préoccupations environnementales croissantes chez les jeunes couples.

Le solde naturel au plus bas depuis 50 ans

Conséquence directe de cette dénatalité conjuguée au vieillissement de la population : le déficit naturel se creuse. Depuis 2013, le nombre de décès surpasse celui des naissances. En 2025, ce solde naturel négatif a atteint un record inédit depuis un demi-siècle avec -1 200 personnes.

Pourtant, la Corse reste une terre attractive. Au 1er janvier 2026, la région compte 365 000 habitants. La croissance démographique de l’île reste vigoureuse (+1,0 % par an en moyenne) , mais elle repose désormais exclusivement sur l’apport migratoire. Sans ces nouveaux arrivants — environ 3 900 personnes par an entre 2016 et 2026 — la population corse déclinerait mécaniquement.

On vit vieux en Corse

S'il est un domaine où l'île conserve son excellence, c'est celui de la longévité. La Corse affiche toujours l'une des espérances de vie les plus élevées de France. Les femmes atteignent en moyenne 86 ans et 3 mois, tandis que les hommes affichent 81 ans et 6 mois. Un gain de longévité qui, s'il est une excellente nouvelle sociale, accentue le défi du vieillissement démographique face à une relève générationnelle qui n'est plus assurée sur le plan comptable.