La Corse défend son terroir et ses appellations au cœur des institutions européennes
Bruxelles a pris des accents régionaux prononcés à l'occasion de la 6ème édition de l'European event on quality and origin products. Organisé par l'AREPO (Association des Régions Européennes pour les Produits d'Origine), ce sommet a rassemblé institutions européennes, chercheurs et producteurs pour débattre de l'avenir des Indications Géographiques (IG).
Dans cette arène politique, la délégation corse a tenu son rang avec conviction. Et pour cause : l'île est membre fondateur de l'AREPO. Pour Marie-Pierre Bianchini, cheffe de division à l'ODARC présente sur place, cet engagement historique coule de source : « Pour la région Corse, ça a toujours été très important de mettre en avant les produits sous signe officiel de qualité, les AOP bien sûr, les IGP ».
Pomelo et Prisutu : l'excellence sans complexe
La stratégie insulaire s'est particulièrement illustrée lors des sessions de dégustation, véritable vitrine diplomatique. L'objectif était de valoriser des « produits de niche, qui reflètent notre identité, notre savoir-faire, notre savoir-être », comme le souligne la représentante de l'ODARC.
Sur les tables bruxelloises, deux ambassadeurs de choix ont été mis à l'honneur. Jean-Paul Mancel, président de l’APRODEC (AOP Clémentine de Corse), détaille la sélection : « Ici à l'AREPO, nous avons amené de Corse des pomelos sous IGP Pomelo de Corse et nous avons amené de la charcuterie, du Prisutu Corse en AOP. »
Le Pomelo bénéficie d'un positionnement stratégique quasi exclusif sur le marché. « Je pense que dans l'Europe, il n'y a pas d'IGP de pomelo », note Jean-Paul Mancel, confirmant qu'il n'y a « pas de concurrence dans l'Europe actuellement » sur ce créneau spécifique.
Concernant la charcuterie, l'approche est davantage tournée vers l'échange entre régions productrices. Si d'autres territoires européens possèdent leurs propres jambons secs, la démarche corse reste sereine. « C'est bien aussi de se comparer aux autres produits européens. Ils sont tous différents, parce qu'en effet ce sont des savoir-faire différents, des systèmes de fabrication différents », explique le président de l'APRODEC, concluant avec philosophie : « On n'a pas peur de se mesurer, parce qu'on ne se mesure pas : au contraire, on déguste et on s'apprécie. »
Un message politique de soutien aux producteurs
Au-delà de la vitrine gastronomique, la présence de la Corse à Bruxelles portait un message d'alerte et de sensibilisation à l'attention des décideurs de l'Union Européenne. Les filières sous signes de qualité, bien qu'excellentes, demeurent vulnérables face aux aléas économiques.
Marie-Pierre Bianchini a ainsi profité de cette tribune pour « rappeler combien souvent ce sont des équilibres précaires pour les producteurs qui produisent ces produits de qualité ». La cheffe de division à l'ODARC a insisté sur l'importance cruciale du « soutien à la fois de l'Europe, de la région, et des consommateurs pour faire vivre ces produits et les faire durer dans le temps. »
Une offensive réussie pour l'île, très satisfaite de sa présence aux côtés des autres régions européennes, qui prouve une fois de plus que la défense de notre agriculture se joue aussi dans les couloirs de la capitale belge.