Mercredi 15 juillet 2026

Pietraserena : le peintre baroque Nicolao Filippi sort enfin de l'oubli

Image
tableaux pietraserena
Ce samedi 4 juillet, les communes de Pietraserena et de Speluncatu ont uni leurs forces pour réhabiliter la mémoire d'un enfant du pays. Figure méconnue de l'école baroque corse du XVIIIe siècle, le peintre Nicolao Filippi a reçu un hommage à la hauteur de son empreinte artistique.

Il aura fallu attendre plus de deux siècles pour que son nom s'inscrive officiellement dans la pierre de son village natal. La matinée a débuté par un geste fort avec le dévoilement de la plaque de la Via Niculau Filippi. Dans la foulée de cette inauguration, les édiles de Pietraserena et de Speluncatu ont mis en terre un olivier venu tout droit de Balagne.

Plus qu'un simple symbole végétal, cette plantation incarne le pont historique jeté entre le berceau du peintre et la microrégion qui abrite son héritage. C'est en effet là-bas que l'artiste a laissé l'une de ses pièces maîtresses : un remarquable Chemin de Croix en quatorze tableaux, aujourd'hui classé aux monuments historiques et jalousement veillé par la collégiale de Speluncatu.

Dans les secrets d'atelier de l'artiste

L'hommage s'est poursuivi l'après-midi sur un terrain plus studieux. Des chercheurs du service de l'Inventaire du patrimoine de la Collectivité de Corse ont animé une conférence pour lever le voile sur la technique de Filippi. En décortiquant ses toiles, les spécialistes ont notamment révélé comment le peintre s'imprégnait de gravures européennes pour charpenter ses propres compositions. L'auditoire a également pu replonger au cœur du XVIIIe siècle pour comprendre les coulisses de la création du fameux Chemin de Croix, une œuvre monumentale commandée à l'époque grâce à l'appui déterminant du curé de la paroisse balanine.

Un patrimoine qui relie les territoires

Au-delà du strict hommage rendu à l'homme de l'art, ce rassemblement s'est mué en une véritable célébration de la culture insulaire. Pour les élus présents, l'enjeu de cette journée était double : dépoussiérer une page ignorée de l'histoire de l'art en Corse, et consolider l'amitié entre deux villages éloignés géographiquement, mais indéfectiblement liés par le pinceau d'un même homme. Une belle façon de rappeler que le rural regorge de trésors culturels qui ne demandent qu'à retrouver la lumière.