Patrimoine : La Balagne se forme aux techniques traditionnelles pour préserver son bâti ancien
Comment restaurer notre patrimoine bâti tout en respectant son histoire et ses spécificités ? C'est pour répondre à ce défi crucial pour l'identité de l'île que la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB), l’École d’Avignon et le Pôle d’Équilibre Territorial et Rural (PETR) du Pays de Balagne ont uni leurs forces. Les 28, 29 et 30 octobre 2026, le siège du PETR à L'Isula a accueilli une formation inédite en Corse, visant à l'obtention du Certificat d'intervention sur le Patrimoine.
Un public varié pour une approche globale
Animée par François Goven, inspecteur général honoraire des Monuments Historiques, cette session de trois jours s'est appuyée sur un référentiel rigoureux élaboré avec l'École d'Avignon, tout en étant minutieusement adapté aux réalités du territoire balanin. L'une des grandes réussites de cet événement réside dans la diversité de son auditoire.
« Le premier bienfait de cette formation, c'est de pouvoir parler de patrimoine avec un public assez diversifié », s'est réjoui François Goven à l'issue du stage. « Il y a à la fois des architectes, des artisans, des opérateurs immobiliers et des structures associatives. Mélanger ce public et échanger sur les pratiques et les techniques ensemble, c'est vraiment intéressant. »
La théorie ancrée dans la réalité locale
Pour garantir une approche pragmatique, la formation a pu compter sur la présence remarquée de Blanca Elena Benavides, architecte des Bâtiments de France et cheffe de l'UDAP (Unité départementale de l'architecture et du patrimoine) de Haute-Corse.
Sa participation a permis d'ancrer les discussions dans le concret. Comme le souligne le formateur : « La présence de l'architecte des Bâtiments de France a permis de rentrer dans des cas concrets, correspondant à des situations précises dans les territoires. Cela améliore véritablement la connaissance et la compréhension mutuelle des questions qui se posent dans le champ du patrimoine. »
Valoriser les savoir-faire insulaires
Au-delà de la transmission technique autour de l'usage de la chaux, l'enjeu de ces journées est profondément économique et culturel. Pour la Balagne, il s'agit de préserver ses paysages et son identité architecturale en diffusant une culture commune du patrimoine. De plus, la restauration dans les règles de l'art est un vecteur puissant de développement économique local, car elle s'appuie sur des métiers et des savoir-faire insulaires non délocalisables.
Face à l'engouement suscité par cette première édition, les organisateurs ont d'ores et déjà annoncé la couleur : la transmission va se poursuivre. Un prochain stage sur les « Enduits et badigeons à la chaux », toujours piloté par la CAPEB et l’École d’Avignon, est programmé les 18, 19 et 20 novembre prochains en Balagne. Une occasion supplémentaire de bâtir l'avenir de la Corse sur les fondations solides de son passé.