Grève des sapeurs-pompiers : la mobilisation se poursuit en Haute-Corse
« Au delà de ce qui a été rappelé dans les préavis nationaux, nous on est aussi inquiets de la situation, qu'on constate la situation opérationnelle qu'on peut constater sur le territoire avec une augmentation des risques et notamment des risques de rupture capacitaire sur l'arc méditerranéen et qui se répercuterait évidemment sur la Corse. » précise Laurent Bastiani ,du syndicat Avenir secours
En grève depuis le 8 septembre, l’intersyndicale s’inscrit dans un mouvement national qui doit se poursuivre jusqu’au 20 octobre. Parmi les revendications communes à l’ensemble de la profession figurent notamment le financement des Services d’Incendie et de Secours, le recrutement de sapeurs-pompiers professionnels, la préservation de la santé et de la sécurité des personnels, ainsi que la prise en charge par l’État de certaines dépenses imposées aux services.
Des moyens aérien jugés insuffisants
La question des moyens aériens fait partie des principales préoccupations mises en avant par l’intersyndicale. Les représentants syndicaux estiment que la Corse doit pouvoir disposer d’une capacité aérienne suffisamment réactive, notamment pendant les périodes de risque élevé.
« On l'a constaté avec les moyens aériens difficulté d'avoir des moyens aériens parfois sur certains chantiers, ce qui aurait permis peut-être de traiter plus en amont certaines certains incendies et peut être d'y passer beaucoup moins de temps et d'être plus efficace.», continue Laurent Bastiani.
Le communiqué demande ainsi un renforcement durable de la flotte de la Sécurité civile, mais également des moyens et des prérogatives du Centre de Coordination Avancé de la Sécurité Civile, chargé de l’engagement des moyens aériens en Corse.
«La Corse doit pouvoir bénéficier d’une capacité aérienne réactive et adaptée à son niveau d’exposition, notamment pendant les périodes de risque maximal.»
Le renouvellement de la colonne territoriale
Autre demande spécifique à la Corse, c’est le renouvellement de la colonne territoriale. Cette unité, composée de plus d’une quinzaine de véhicules destinés notamment à la lutte contre les feux de forêt, créée en 2006.
Selon l’intersyndicale, ces moyens sont aujourd’hui vétustes et doivent être remplacés. « La région ne dispose pas les moyens de remplacer tous ces camions d’un seul coup » souligne Lucien Rossini du STC.
Les organisations demandent donc un renouvellement et une modernisation de cette colonne afin de disposer d’une force opérationnelle adaptée aux risques actuels et rapidement mobilisable en Corse, mais aussi en France et en Europe.
Des effectifs à renforcer
La question des effectifs est également au cœur de la mobilisation. En Corse, le modèle repose largement sur le volontariat, avec environ 20% de sapeurs-pompiers professionnels et 80% de volontaires.
L’intersyndicale demande davantage de recrutements de professionnels afin de répondre à l’augmentation de l’activité opérationnelle. Elle rappelle que plus de 21 000 candidats ayant réussi le concours de caporal en France sont actuellement inscrits sur liste d’aptitude et en attente de recrutement. Plusieurs dizaines de jeunes insulaires seraient concernés.
Pour les syndicats, renforcer les effectifs professionnels permettrait aussi de mieux soutenir le volontariat, qui constitue une part importante du système de sécurité civile en Corse.
Une coopération renforcée avec la Sardaigne
Les représentants syndicaux souhaitent également faire avancer la coopération entre la Corse et la Sardaigne. Face à des incendies plus fréquents et plus intenses, ils défendent une coopération renforcée avec les territoires méditerranéens voisins.
« Il serait bon de ne plus raisonner de manière individuelle mais collective »
L’intersyndicale demande ainsi que les mécanismes de mobilisation des moyens soient simplifiés afin de permettre une coopération transfrontalière pleinement opérationnelle en cas de crise majeure.
Des moyens adaptés aux spécificités de l’île
Au-delà des revendications nationales, les syndicats demandent donc que les spécificités de la Corse soient davantage prises en compte dans l’organisation et le financement des secours.
La situation insulaire limite notamment les possibilités de renfort rapide depuis le continent. L’intersyndicale demande ainsi de nouvelles ressources pour financer les SIS, notamment à travers une part des recettes fiscales liées à la fréquentation touristique, comme la taxe de séjour.
Elle réclame également que l’État prenne en charge les dépenses liées aux nouvelles obligations imposées aux services ainsi que les coûts liés à l’accueil des colonnes nationales de renfort envoyées sur l’île.
Pour les représentants syndicaux, ces demandes interviennent alors que les risques liés aux incendies et au réchauffement climatique continuent d’augmenter en Méditerranée. Ils souhaitent également faire de la prévention une priorité afin de limiter les conséquences humaines, opérationnelles et financières des catastrophes.
Au niveau local, l’intersyndicale indique avoir rencontré la préfète de Haute-Corse à l’occasion d’un conseil d’administration du SIS. Les syndicats disent attendre de l’État des réponses sur les revendications nationales et souhaitent que leurs inquiétudes concernant les moyens de secours en Corse soient relayées auprès du gouvernement.