À Corte, les enfants découvrent la science autrement
Sur le site de l’Université de Corse, les thématiques sont variées. Écologie marine, agronomie, chimie, informatique ou encore hydrogéologie : les élèves passent d’un domaine à l’autre et découvrent les sciences par l’expérimentation. Certains ateliers s’intéressent notamment aux chaînes alimentaires dans les lagunes, au rôle du sol dans le développement des plantes ou encore aux liens entre l’eau, sa composition et son goût.
Le thème de cette édition permet aussi de faire le lien entre sciences et alimentation. Les enfants peuvent ainsi s’interroger sur ce qui donne leur goût aux produits, sur la manière dont les végétaux concentrent leurs saveurs ou encore sur les phénomènes chimiques qui interviennent en cuisine. D’autres activités les emmènent vers des domaines plus éloignés de l’alimentation, comme la cybersécurité ou encore le fonctionnement de l’estomac de la vache.
L’objectif reste le même : apprendre en expérimentant. Sur les différents stands, les élèves sont invités à observer, manipuler, tester leurs connaissances et surtout à poser des questions.
Des connaissances différentes selon les enfants
Au fil des activités, les élèves ne partent pas tous avec les mêmes connaissances. Pour Aurore Moulin, doctorante en écologie à l'Université de Corse, et présente sur l’un des stands, les niveaux sont « hétérogènes ». Certains enfants ont déjà des notions sur les sujets abordés, tandis que d’autres les découvrent pour la première fois. Les ateliers permettent ainsi à chacun d’avancer à son rythme et d’aborder les sciences de manière concrète.
Parmi les participants, Jane, élève de CM1 de l’école de Prunete est venue à Corte « pour apprendre ». Elle a notamment retenu plusieurs éléments découverts au cours de la journée, parmi lesquels l’histoire des mouflons, la pollution et les inondations. Des connaissances qui viennent s’ajouter à celles acquises en classe, mais présentées ici sous une forme plus interactive.
Pour les intervenants, cette approche permet aussi de montrer aux enfants que les sciences ne se résument pas à des notions théoriques. Elles sont présentes dans leur environnement quotidien, dans leur alimentation, dans la nature ou encore dans les technologies qu’ils utilisent.
Une programmation dans toute la Corse
La Fête de la Science ne se limite toutefois pas à Corte. L’édition 2026 se déroule du 2 au 12 octobre dans toute la Corse, avec une quarantaine d’actions organisées sur l’ensemble du territoire. La manifestation est portée et coordonnée par la Collectivité de Corse, en partenariat avec la Préfecture de Corse, l’Académie de Corse et l’Université de Corse.
Le lancement de cette édition s’est tenu le 2 octobre à l’INRAE de San Ghjulianu. Le site, spécialisé notamment dans la recherche sur les agrumes, a proposé une conférence consacrée à leur histoire ainsi qu’une découverte de la Serre Innovation, où sont étudiées de nouvelles variétés. Une manière de faire directement le lien avec le thème « Saveurs savantes ».
À Sartène, le Campus Agricorsica propose jusqu’au 9 octobre un parcours autour de la châtaigne, avec des ateliers et une visite d’exploitation. Le 7 octobre, à I Prunelli di Fium’Orbu, les enfants ont également pu participer à des expériences autour du goût et de l’odorat, avant un spectacle immersif et multisensoriel ouvert au grand public.
La programmation se poursuit jusqu’au 12 octobre. Parmi les derniers rendez-vous, le collège de Campo Vallone à Biguglia proposera lundi un atelier consacré aux liens entre chimie et cuisine. Les élèves de l’atelier scientifique pourront mettre en œuvre des techniques de chimie appliquées à l’alimentation et réaliser un menu inspiré de la cuisine moléculaire.
À travers ces rendez-vous, la Fête de la Science cherche à rapprocher les enfants et le grand public du monde scientifique. Une démarche qui passe par l’expérimentation, mais aussi par l’envie de comprendre. Pour Yann Chilichini, Vice-président "Science Avec et Pour la Société" à l'Université de Corse, donner le goût de la science aux plus jeunes est « peut-être plus important que jamais ». L’enjeu est donc de faire naître cette curiosité dès le plus jeune âge et de donner aux enfants l’envie de continuer à questionner le monde qui les entoure.