La Communauté Professionnelle Territoriale de Santé au chevet de la Balagne
Aujourd’hui, l’Agence Régionale de la Santé et la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, ont signé avec la CPTS de Balagne, une convention tripartite dans le cadre du plan « Ma Santé 2022 » qui, au-delà des grands principes fixés dans l’accord national, est un contrat construit pour chaque territoires, ses défis, et ses perspectives.
Le Check-up des Balanins en quelques chiffres :
- 30,6% des habitants ont plus de 60 ans contre 25,5% pour la moyenne nationale.
- 29,9% de -30 ans contre 35,8 à l’échelle nationale
- 11,4 % des balanins n’ont pas de médecin traitant déclaré
- 32,4 % de la population a effectué un passage aux urgences non suivi d’une hospitalisation contre 19,4 % à l’échelle régionale.
Ce sont ces chiffres qui ont poussé les professionnels de la santé à se constituer en CPTS afin de mieux réagir à la situation spécifique de la Balagne.
« L’objectif premier aujourd’hui, c’est de désengorger les urgences de Calvi »
Au vu des chiffres plusieurs problèmes ont été mis en exergue par le CPTS ce que rappelle bien sa directrice, Dominique Simeoni: « L’objectif premier aujourd’hui, c’est de désengorger les urgences de Calvi ».
Et pour ce faire, 5 problèmes à résoudre :
- Un manque d’anticipation sur les situations complexes.
- Les personnes fragiles sont dépistées trop tard.
- De part sa nature, le territoire empêche une mobilisation effective des acteurs
- De plus en plus de professionnels de la santé partent à la retraite et ne sont pas remplacés.
- Il n’existe pas de base de données permettant de regrouper les informations de chaque patient.
Fort de ce diagnostic commun, l’ARS, la CPAM et la CPTS ont mis au point cette convention pour développer l’offre de santé à l’échelle de la Balagne.
« Ce dispositif va mettre l’accent sur l’offre de proximité »
C’est ce que nous explique Marie-Hélène Lecenne - directrice générale de l’agence régionale de santé de Corse, bien consciente des enjeux de cette population vieillissante qui, malgré la faible densité de population, ne peut en l’état recourir à un suivi médical préventif constant.
La convention tripartite propose un volet de solutions en 3 axes que l’on pourrait résumer en 3 phases : Amélioration des soins, suivi interprofessionnel et prévention.
Des pistes de solutions qui pour le moment ne proposent pas de nouvelles infrastructures ou de refonte du système mais plutôt un renforcement des dispositifs déjà existant, une redirection de moyens ; et le directeur de la CPAM de Haute-Corse Maclou Rigobert le dit lui-même : « Cela permet de répondre "ça ou là" à un désert médical »
Jean Colonna