Mercredi 16 juin 2021

Procès Douib : Réclusion criminelle à perpétuité demandée

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procès Douib
À l'issue d' une intervention de près de deux heures, l'avocate générale a demandé pour l'accusé Bruno Garcia la réclusion criminelle à perpétuité et la déchéance parentale ainsi qu'une injonction de soins pour une durée de 15 ans.

Le procès de Bruno Garcia-Cruciani devant les assises de Haute-Corse arrive à son terme avec une dernière journée intense malgré par l'intervention de l'avocate générale.

Cette dernière est revenue durant près de deux heures sur les éléments du dossier, s'attachant particulièrement à démonter la thèse de la préméditation avancée par Bruno Garcia-Cruciani durant les débats. Elle a ensuite insisté sur la traque menée par l'accusé avant l'assassinat, faisant vivre l'enfer à Julie Douib qui se savait traquée et qui était paniquée la veille au soir de sa mort, après avoir croisé le véhicule de son ex aux alentours de son domicile.

L'avocate générale revient ensuite sur les circonstances dans lesquelles Julie a été assassinée. Une scène qui ressemble à une exécution. « Aucune discussion n'était possible, il y avait une volonté de faire du mal, à aucun moment il n'a perdu le contrôle »

Il s'en suivait un long silence de 4 minutes, le temps qu'il aura fallu à Bruno Garcia – Cruciani pour accomplir son forfait.

Et d'ajouter : «  Il l'a exécuté comme s'il allait au centre de tir ou s'il était allé acheter son pain. Il a accompli son forfait en plein jour parce qu’il voulait que Julie se voit mourir.

L'avocate générale a ensuite parlé des 7 années qu'il a fallu à Julie pour partir, pour parler et pour libérer la parole. Elle a aussi fait une mise au point sur ce qui a pu se dire sur les gendarmes, sur la justice qu'elle représente, sur les décisions prises sur la garde des enfants, sur l'absence d'enquête d'environnement et sur les nombreuses difficultés rencontrées.

L'avocate générale est revenue longuement sur les enfants, Anthony et Luca, sur ce qu'ils ont entendu, sur ce qu'ils ont pu voir, sur la main mise de Bruno Garcia-Cruciani sur eux.

Évoquant la paranoïa de l'accusé expliquée à la barre par l'expert psychiatre, l'avocate générale ajoutera : « même la prison ne l'arrête pas, avec toutes les menaces proférées à plusieurs témoins, amies de Julie ».

L'avocate générale devait requérir la réclusion criminelle à perpétuité avec injonction de soins durant 15 ans après sa sortie. Elle demande aussi la déchéance parentale et une interdiction des droits civiques durant 15 ans.

Après une interruption de séance, alors que la maman Violette, le frère Jordan s'écroulaient en larmes, les débats devaient reprendre avec les plaidoiries de la défense.

Verdict attendu dans la soirée.

Texte Gilbert Guizol. Photos Kevin Guizol / Eyefinity Prod