Jeudi 15 juillet 2021

Situation en Balagne : Les professionnels du tourisme ont rencontré le Sous-Préfet de Calvi

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réunion sociopro avec le sous prefet de calvi
Après les décisions restrictives prises le 13 juillet dernier par le préfet de Haute-Corse afin de limiter la transmission du virus de la Covid-19, évaluée à 380 cas positifs au variant Delta, les professionnels du tourisme, à travers les leurs syndicats représentatifs ont obtenu ce matin une entrevue avec le sous-préfet de Calvi. Au cours de celle-ci, la délégation a fait part d'un certain nombre de réflexions de la profession, tout en regrettant le manque de concertation.

Si pour l'heure on n'a pas plus d'informations que celles dévoilées il y a quelques jours, faisant état de 380 cas positifs à la Covid-19, Variant Delta, les pharmacies, cabinets médicaux et infirmiers sont toujours autant submergés par les personnes souhaitant réaliser un test PCR. Les deux centres de vaccination de Calvi et l'Ile-Rousse qui étaient pratiquement à l'arrêt depuis la mi-juin ont enregistré ces derniers jours un regain d'activité significatif.

Partagés entre colère et résilience, après les nouvelles mesures annoncées par le préfet, notamment celles concernant les bars, restaurants et établissements de plage, contraints de diminuer la jauge de 50%, et surtout de ramener la fermeture de leurs établissements à 23 heures ne passe pas du tout chez les professionnels du tourisme qui ont tenu à le faire savoir et qui pour cela ont demandé une entrevue à M. Florent Farge, sous-préfet de l'arrondissement de Calvi .

Un manque de concertation, décision de fermeture des établissements à 23 heures prématurée, absence d'accompagnement d'ordre économique

Cette rencontre a eu lieu ce matin à 11 heures, dans la salle de réunion de la sous-préfecture.

Trois représentants des différentes composantes de la profession : Jean-Baptiste Ceccaldi, Bernard Giudicelli et Jean-Pierre Pinelli étaient reçus.

Au terme de la réunion, Jean-Baptiste Ceccaldi, Hôtelier, membre du bureau des socioprofessionnels de Balagne et Président de l'Office Intercommunal du Tourisme Calvi- Balagne s'est exprimé le premier :

« Le but de la démarche aujourd'hui était de réunir des professionnels du tourisme à travers les divers syndicats représentatifs pour avoir une entrevue avec le sous-préfet de Calvi afin de faire remonter auprès des instances préfectorales un certain nombre de réflexions de la profession suite bien entendu aux récentes mesures  prises par le Préfet sur l'ensemble de la Balagne.

Les principales remontées du terrain que nous avons eu reposent sur le fait qu'il n'y ait eu aucune concertation, d'une part avec les autorités locales et de l'autre avec les professionnels du tourisme que nous sommes. 

Cette concertation aurait peut-être permis d'envisager certaines choses différemment, même si elles sont respectables telles qu'elles ont été envisagées.

Nous pensons par exemple que l'heure de fermeture fixée à 23 heures est un peu prématurée, minuit aurait été mieux.

Une jauge à 50% et une fermeture à 23 heures impactent lourdement le chiffre d'affaires de nos entreprises déjà fragilisées par l'ensemble de la crise sanitaire qui perdure. 

Nous aurions aussi souhaité un accompagnement de ces récentes décisions par des mesures économiques, d'une part liées à la poursuite du chômage partiel (50% en moins de jauge laisse supposer 50% de personnel en moins) et d'autre part par le fond de solidarité puisse continuer de pouvoir aider ces entreprises impactées dans leur chiffre d'affaire ».

Vaccination de masse préconisée mais les vaccins tardent à venir

Le deuxième volet de cette entrevue concernait l'impact de cette montée en puissance du virus sur la microrégion.

« Ce qui est souhaitable et que nous défendons, c'est une vaccination de masse, le plus possible dans nos entreprises afin de limiter et freiner le virus. Il faut que cette microrégion de Balagne impactée plus que les autres, puisse bénéficier en urgence de doses en quantité suffisante pour vacciner massivement tous les gens le souhaitant ».

Pour l'heure, malheureusement, force est de constater que ces vaccins ne sont pas en nombre suffisant. Des promesses sont faites pour que cette situation soit régularisée d'ici la semaine prochaine !

Concernant la situation sur le virus, JB Ceccaldi ajoute : « Par rapport aux chiffres annoncés il y a quelques jours par le préfet il y a une incidence qui est assez exponentielle de la circulation du virus, essentiellement chez les jeunes. Donc, bien entendu ils sont vecteurs, ils peuvent bien évidemment toucher des personnes plus âgées ».

Des mesures prises de façon abrupte et qui nuisent à l'image de la destination corse

Bernard Giudicelli, Président de l'UMIH Corse axe son propos en terme d'image et d'anticipation pour ce mois d'août qui arrive très vite :

« Les indicateurs affichés aujourd'hui ne sont peut être pas forcément les bons et en termes d'image, ça a un côté assez désastreux. Les mesures certes et l'aspect sanitaire, c'est une priorité pour préserver la destination mais il faut aussi trouver dans la discussion, dans le dialogue avec les services de l'État, les moyens de mettre en place des mesures qui freinent, mais en même temps de ne pas freiner trop et ne pas ternir trop l'image. Je crois que l'enjeu c'est aujourd'hui d'anticiper. On a subi les mesures qui sont arrivées, le pass sanitaire qui a été évoqué, arrive avec un mois de retard, imputable à l'État. Il aurait dû l'annoncer bien avant afin de nous permettre de prendre les devants. Aujourd'hui, la priorité est d'anticiper le mois d'août. Au 14 juillet, il y a des mesures qui ont été prises, elles sont mises de façon abrupte, sans concertation, donnant une image extrêmement négative de la destination ».

Aborder ce mois d'août dans des conditions beaucoup plus favorables du  point de vue sanitaire mais aussi de communication et d'image de destination, pour ne pas courir à la catastrophe

Et de poursuivre 

« Aujourd'hui, il faut anticiper le mois d'août, il ne faut pas subir celui-ci. Il faut des mesures concertées et il faut aussi communiquer pour rassurer la clientèle et la population locale. Il faut agir intelligemment, mettre vraiment le focus sur la vaccination, accélérer au maximum celle-ci, permettre l'accès au vaccin et aux tests plus facilement. Aujourd'hui c'est compliqué pour notre clientèle de se faire dépister, c'est des démarches lourdes, il faut demander aux  infirmiers de venir à domicile car les laboratoires sont saturés. Il faut que l'ARS mette en place des systèmes de test et de vaccination efficaces, facile d'accès.

Nous avons 15 jours pour préserver le mois d'Août. Soyons intelligent. Je n'ose penser ce qu'il serait advenu si cette catastrophe était arrivée au mois d'août plutôt que le 14 juillet.

Les entreprises subissent déjà une mauvaise image ; nous avons 15 jours pour redorer ça, et il faut le faire en concertation avec les services sanitaires pour aborder ce mois d'août dans des conditions beaucoup plus favorables en terme sanitaire, de communication et d'image de destination, sinon ce serait catastrophique.

Pour ce qui est des mesures économiques, comme l'a souligné mon collègue, il faut bien entendu des mesures économiques de soutien pour l'acceptation des ces restrictions. On ne peut pas imposer des restrictions, sans mettre en parallèle une compensation ».

Les représentants de cette délégation regrettent les départs anticipés de certains vacanciers face à cette crise sanitaire qui touche la Balagne et les annulations de séjours enregistrées. D'autres qui s'étaient projetés sur la destination Balagne ont changé de destination.

Florent Farge, sous-préfet de Calvi était ravi de pouvoir prendre à la source les remontées du terrain et des professionnels du tourisme. Il se fera le porte-parole de ces discussions auprès de sa hiérarchie qui doit relancer une réflexion dans les jours à venir.

Gilbert Guizol