Territoriales 2021 : 5 questions aux écologistes (Ecologia Sulidaria)
Pourquoi cet engagement au sein de la liste « Ecologia Sulidaria » menée par Agnès Simonpietri ?
La principale raison est certainement l’urgence climatique, sociale et économique face à laquelle se retrouve le monde et donc la Corse. Les choix et orientations qui vont être pris les six prochaines années vont impacter à long terme la vie de nos enfants et de nos petits-enfants. Nous ne pouvions rester inactifs, spectateurs. Pourquoi cette liste ? Parce que nous pensons qu’elle porte une énergie nouvelle, une autre manière de parler de la politique qui manque cruellement à la Corse. Parce que son programme comporte toutes les pistes à suivre pour un développement équitable de la Corse. Parce que la liste est menée par une femme, avec de grandes qualités, engagée, entourée de citoyens n’ayant aucune visée politicienne. Car elle ne compte aucun élu, en adéquation avec le refus du cumul des mandats. Une fois l’élection passée, nous continuerons nos actions locales, à petite échelle, pour que la solidarité, le partage, soient les priorités. Mais il est fondamental qu’au sein de la Collectivité de Corse cette nouvelle parole soit représentée et pèse sur les décisions à venir.
La Balagne est un exemple en termes de gestion des déchets, que préconisez-vous pour la Corse ?
Nous devons séparer les différents flux avec une priorité absolue concernant les biodéchets qui représentent 30 % des volumes, grâce à une collecte au porte-à-porte et une tarification incitative. Comme nos voisins sardes ou italiens nous atteindront rapidement 70 % alors que nous peinons depuis des années à dépasser les 20 %. Des centres de stockages des déchets ultimes stabilisés devront alors être mis en place au plus près de lieux de production. La CDC aura pour vocation d’aider financièrement et techniquement les intercommunalités pour mettre en place ce plan dès le début de la mandature. Nous refusons la solution polluante, coûteuse et longue à mettre en place des usines de traitement thermique. Le traitement industriel sur déchets en vrac étant par ailleurs interdit par la loi de transition énergétique. La CDC et ses nombreux services devront être exemplaires en termes de gestion de ses déchets. De nouveaux modes de production et de consommation limitant les emballages et principalement le plastique seront soutenus et développés.
À l'exemple de Figari, y a-t-il une volonté politique de développer l'aéroport de Calvi-Balagne ?
La desserte aérienne est un sujet transversal puisqu’il permet de réfléchir au modèle touristique souhaité, au service nécessaire à notre population insulaire et à l’ouverture vers l’extérieur. Nous souhaitons donc que l’offre du transport aérien soit mieux répartie pour étaler la saison touristique afin de réduire l’impact sur les sites naturels sensibles et de développer l’économie au-delà des quelques mois de « pic de fréquentation ». Nous souhaitons améliorer la desserte aérienne pour tisser et/ou renforcer nos liens avec nos voisins proches (Italie, rives de la Méditerranée) ou plus lointains (Europe), optimiser les vols pour permettre des déplacements sur de longs week-end, principalement hors saison. Nous souhaitons également développer l’intermodalité des transports pour une meilleure cohérence, avec des horaires et une régularité permettant de prendre le train, un bus depuis un petit village, pour arriver à l’aéroport aux horaires de vols.
La Corse est une région marquée par la pauvreté, comment en sortir ?
La mise en place d’un « revenu universel » est une mesure forte de notre projet, alors qu’un habitant sur cinq dans notre île vit sous le seuil de pauvreté. Une forme envisageable rapidement est le « revenu de transition écologique » qui permet de verser un revenu en contrepartie d’activités orientées vers l’écologie ou le lien social. Porté par la fondation ZOEIN, Il s’appuie sur des coopératives de transition écologique qui évaluent le projet et fournisse l’accompagnement adapté (formation, financement...) Expérimenté dans de nombreuses régions ou communes il est particulièrement adapté à la Corse et permettrait de développer des projets trop lourds à financer pour les collectivités (agriculture, mobilité, action sociale, créativité…). Nous devons aussi faciliter le maillage entre les personnes nécessiteuses et les structures (commerciales, associatives) pouvant proposer de la nourriture ou des repas en mettant fin au gaspillage alimentaire ayant lieu à tous les étages, de la production à la consommation.
Si vous êtes élue, quel serait le premier dossier que vous défendriez à l'Assemblée ?
La gestion des déchets doit être prise en main immédiatement. La gestion publique, la dissolution du syvadec et le regroupement des compétences trop éclatées en faciliteront l’exécution. L’extension du droit de préemption de la CDC sur les terres agricoles et sur les logements de tourisme disponibles à la vente pour les convertir en locations à l’année est prioritaire également. La lutte contre la spéculation immobilière en mobilisant tous les dispositifs disponibles, notamment en stoppant le subventionnement des logements locatifs saisonniers est bien entendu une urgence absolue.
Propos recueillis par François Colombani