Jeudi 12 août 2021

Xavier Bertrand : « Je veux un projet pour la Corse »

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Xavier Bertrand
Au cours de sa journée consacrée ce jeudi à la Balagne, Xavier Bertrand, Président de la Région Hauts-de-France, candidat à l'élection présidentielle de 2022 a répondu à nos questions avant de rencontrer des élus au Clos Culombu de Lumio et visiter l'après-midi le Centre Hospitalier Calvi – Balagne.

Le Tour de France que vous avez entrepris dans le cadre de votre candidature à l'élection présidentielle passe par la Corse

« Comment pourrait-il en être autrement. Vous connaissez mon attachement pour la Corse et les corses. Si je suis là aujourd'hui au Clos Culombu de Lumio c'est tout d'abord pour mon ami Etienne Suzzoni avec qui j'entretiens une amitié profonde. Ensuite, comme vous le savez, chaque année, il y avait ce rendez-vous incontournable avec mes amis, sympathisants et autres. Avec les règles sanitaires en vigueur, c'est avec déchirement que nous avons dû renoncer. Organiser une réunion de 500 personnes dans le contexte que nous connaissons n'aurait pas été responsable. Avec Etienne nous avons pris cette décision d'annuler. En revanche, dans le prolongement du Tour de France que j'ai entrepris à la rencontre des français, ce passage en Corse et plus particulièrement en Balagne est une suite logique. J'ai souhaité aujourd'hui  rencontrer des maires, des agriculteurs à la fois pour avoir leur sentiment profond sur la situation du Pays, sur la rentrée et bien entendu sur la prochaine élection présidentielle de 2022 ».

Pour l'heure vous n'êtes pas dans une logique de grands meetings ?

« Absolument pas, je ne suis pas dans cette logique là. Cela viendra très certainement, mais dans l'immédiat je suis là pour rencontrer les gens, leur expliquer les bases de mon projet et l'adapter en fonction de leurs réflexions. Ce sont des rencontres sans détours, très directes avec 15 à 20 personnes, pas plus.

Je dois dire que dans cet été, ça m'a encore beaucoup appris. J'avais déjà fait ça dans ma région des Hauts-de-France mais il était aussi important que cela se fasse ailleurs ».

Il faut sortir de ce rapport de force permanent qu'il y a aujourd'hui entre l'État, le Chef de l'État, la Corse et les corses. Je veux rompre avec ça car ce n'est bon pour personne

Quel est votre ressenti sur ce tour de Corse ?

« La Corse, c'est une dimension spécifique. Je reviendrai sur l'île au moins deux fois avant l'élection présidentielle, sans doute en début d'année prochaine et ensuite à l'automne. Je veux proposer un projet pour la Corse. J'aurais l'occasion d'y revenir. Si les français me font confiance je serai un chef d'État qui tend la main à la Corse et aux corses sans arrière pensée, sans détour.

Je pense que chacun ici sait que j'aime la Corse et donc, aimer la Corse et les corses c'est les respecter. Il faut sortir de ce rapport de force permanent qu'il y a aujourd'hui entre l'État, le Chef de l'État, la Corse et les corses. Je veux rompre avec ça car ce n'est bon pour personne. Il faudra très clairement tourner la page.

Je présenterai un projet qui sera un projet global, je vais en parler avec les élus. J'ai pu voir qu'il y avait des problèmes au niveau des infrastructures, problèmes de santé avec une désertification médicale, la formation, l'eau, questions du tourisme, questions des transports, questions du foncier, du logement des plus jeunes...

Je veux vraiment pouvoir présenter un projet, mais attention, même à l'automne ce n'est pas un projet que je veux imposer d'en haut. C'est terminé avec ça. Moi qui croit beaucoup à la République des Territoires, il faut en finir avec ce centralisme qui est hors du temps. Le centralisme c'est un cadavre qui nous encombre les uns et les autres, en Haut-de-France comme en Corse ou ailleurs. Ce sera aussi un projet de co-construction. C'est pour ça que cet été j'ai besoin d'aller au fond des choses, de discuter, d'y travailler et revenir à l'automne, encore une fois en prenant du temps afin de pouvoir présenter ce projet ».

Votre position par rapport au Pass Sanitaire ?

« Il faut arrêter de se raconter des histoires. La seule solution pour sortir de ce cauchemar c'est la vaccination. Et il faut pousser le maximum de gens vers cette solution du Pass Sanitaire. 

Je l'ai dit, je l'ai redit, et ce même bien avant que le Président de la République ne s'exprime, sauf que la marque de la gestion c'était l'impréparation. D'avoir laissé penser qu'on pouvait imposer une amende de 45 000€  en tout début aux restaurateurs, ça n'a pas de sens. Encore une fois, est-ce à eux de faire la police ? Je ne le pense pas. Il n'y a que la vaccination pour sortir de tout ça.  Encore une fois c'est la seule solution. Par ailleurs, les tests ne pourront pas rester gratuits.

Que vous inspire l'attitude de la Droite dans cette présidentielle ?

« À chaque élection c'est pareil, à chaque élection il faut aussi avoir de la mémoire, mais au final, fin d'année, début d'année, les choses sont clarifiées.

Il faut se souvenir que la dernière fois que la Droite a gagné, c'était en 2007. Quand les choses ont-elles été totalement clarifiées? Le 14 janvier 2007 avec le discours de Nicolas Sarkozy, Porte de Versailles. 14 janvier 2007, ça veut dire 14 janvier 2022. Vous voyez qu'on a encore du temps devant nous. 

C'est l'histoire  d'une élection présidentielle.

À chaque fois, Il y a beaucoup de bruit, beaucoup de rumeurs, beaucoup de questions, beaucoup d'inquiétudes mais j'ai une conviction profonde, c'est que nous avons un rendez-vous important, et ce tout simplement parce que je suis

persuadé que ce sont les solutions de la Droite Républicaine, d'une droite populaire dont nous avons besoin. 

Je pense qu'il n'y a aucun responsable politique qui fera la politique du pire. Je n'y crois pas du tout. Et au final on se rassemblera. Et moi qui veut être ce candidat j'aurais une responsabilité particulière de constituer une équipe, parce qu’un homme seul ça n'existe pas pour réussir. J'ai aussi un projet que je travaille avec les français et que je veux faire partager. 

À mes amis de LR, ma famille politique, même si j'ai quitté le parti, mais aussi à d'autres comme par exemple les centristes, clairement j'ai la conviction profonde qu'il n'y en aura qu'un ».

Donc il n'y aura pas de Primaire à droite ?

« Ha ça, c'est de la responsabilité de LR. Je ne suis pas LR et je n'ai pas à dicter leur conduite, mais primaire ou pas, au final, je le répète, je suis convaincu qu'il n'y aura qu'un candidat ».

Propos recueillis par Gilbert Guizol